‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 224 sur 533 · Recherches, VIII, ch. 3, p · texte numérisé non relu

Recherches, VIII, ch. 3, p

6. Ibid., VIII, ch. 3, p. 685. Cf. Lettres, t. I, p. 27, où il s'adresse à Ronsard lui* même.

7. Recherches, VIII, ch. 3 (p. 682 et 683V « Il nVst pas dit que tout ce que nous avons changé de l'ancienneté soit pluA poly, nn*» qu'il ait anjourd'huy cours ».

K. Lettres, t. H, p. 732.

de leur confession religieuse, sont moralistes de même race K II ignorent les souplesses d'une dialectique trop subtile; ils parlent librement, et sans doute, en mots parfois libres ^; tous deux arrachent le masque au courtisanisme et à Thypocrisie , Estienne avec une verdeur plus spirituelle, Pasquier avec une gravité plus redoutée : Tun s*acharne contre le papisme, mais l'autre ose entrer en lutte avec les Jésuites ^,

Si nous avons rapproché ces trois hommes : Henri Estienne, Fauchet et Pasquier, c'est moins assurément pour le plaisir de restituer à l'un ce que les deux autres lui ont pris, que pour mieux saisir, par la comparaison de leurs idées et de leur critique, la véritable portée de ce long débat entre adversaires et partisans de la langue et de la littérature française. Contre les latinistes, c'est-à-dire contre ceux qui n'admettaient qu'une langue littéraire, le latin, les grammairiens français que nous avons nommés, et les chefs de la Pléiade, Ronsard et Du Bellay avaient livré un premier combat ; et déjà ces deux poètes , en créant de toutes pièces une littérature, s'étaient posés en rivaux des écrivains de l'Italie. Après les avoir imités, ils prétendaient ne plus écouter que leur propre inspiration. Leur œuvre même, malgré ses défaillances, plaidait en faveur de l'esprit français. Mais en même temps ils avaient rompu avec la tradition, la considérant comme lettre morte : rien avant nous! proclamaientils ; c'était affaiblir d'autant la cause qu'ils avaient à soutenir.

Le second combat fut livré par Henri Estienne, par Fauchet * et par Pasquier, pour ne prendre ici que ces trois noms marquants parmi les apologistes du français. Cette fois ils firent face simultanément aux deux sortes d*adversaires , aux deux armées

1. A propos du mot huguenot^ Pasquier résume Thistoire des troubles de religion. Il est ami de Tordre, et il n'approuve ni Tagitation religieuse entretenue en France par les réformés, ni les menées des politiques, ni les ligueurs. U n*cn fait pas moins reloge de Calvin ; tout en regrettant « sa doctrine », il rend hommage à récrivain « qui a enrichi la langue françoise d'une infinité de beaux traicts ». lîecherches^ VIII, chap. 55, p. 768 et suiv.

3. Voyez, entre autres, une page éloquente d'une touche énei^gique et presque brutale sur les ruses que la nature a su prendre pour nous attirer à ses fins et <• pour s'immortaliser en ces espèces mortelles ». Recherches, Vill, chap. 22, pages 718.

3. V. la lettre sur la « secte » des Jésuites « médecins de notre Église malade » (t. U, p. 5G1, livre xx, 1). Pasquier plaida pour rUnivci*sité de Paris contre les Jésuites qui demandaient au Parlement leur incorporation dans l'Université. Le Parlement maintint les parties « en tel état qu'elles étaient », ce qui était rejeter la requête des JcHuiles V. Lettres^ t. I, p. 2ô9, à M. de Fonssommc).

•S. Hien que Fauchet ne soit pas à proprement parler un polémiste, son ceuvre nVn a pas moins sa place mai*quée dans cette défense.

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