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6. On sait que saint Jérôme a revu seulement certains livres de la Bible sur une traduction antérieure ; il a traduit à nouveau les autres : T Ancien Testament sur le texte hébreu, le Nouveau sur le texte grec. Dans son De Utm. suspecta^ II. Estienne ne s'occupe que de la traduction latine du Nouveau Testament. Il a d'aillcui*» nommé saint Jérôme dansTédition qu'il a donnée du texte grec en 1576 (V. l'épltre k Philippe Sidney). Cf. Gœlzer : La latinité de saint Jérôme ^ et du même auteur « Grammatiem in Sutpicium Severum observa tionet^ potissimum ad vulgarem sermonem pertinentes ».
2i6 H. ESTIENNE GRAMMAIRIO' FRANÇAIS
quons aussi que les grammairiens, si par leur style même ils appartiennent au troisième âge de la latinité, nous renseig-nent aussi bien sur les deux premiers âges (archaïque et classique), par leurs recherches d'érudition sur le passé de la langue.
Or les mots qui paraîtraient barbares^ apparaissent dans les auteurs du troisième âge': par exemple « minaret remplaçant ducere^ d'où nous avons tiré notre mener » ; le mot est dans la Vulgale, dans Festus et dans Ausone * ; modérai^ d'où le français modernes * ; molestare^ molester * ; exaltare (au sens figuré dans la Vulgate) , exalter * ; des fréquentatifs comme : fomenlare, fomenter^; augmenlare^ augmenter ^; conjecturare^ conjecturer ', etc.
Estienne d*ailleurs ne s'inquiète pas de savoir à quelle époque ces mots sont entrés dans la langue française ^. Ils sont pour la plupart de formation savante, et au xvi® siècle ils faisaient partie de la langue courante.
C'est en particulier aux jurisconsultes latin qu'Estienne s'adresse et les termes de droit dont il donne les équivalents français nous font passer en revue le vocabulaire juridique de son temps ^ :
Exemples : composilio amicabilis \ cette expression répond à la nôtre : composition^^ amiable ** ou encore accord amiable. Ce mot de composition au sens d'accord, est d'ailleurs dans Ciçéron ; aussi bien Modestinus et Ulpien ont-ils repris beaucoup de mots au latin antérieur. Coni^enire in jus est d'abord chez Plante ; comparez le français : convenir quelcun en justice**. Judex competensyjuge compétent*^ ^ est dans Scévola et dans Ulpien. Estienne n'hésiterait pas à traduire yiigr^ incompétent*^ par judex incompetens.