‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 243 sur 533 · iûf., p · texte numérisé non relu

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9. Estienne prétend le retrouver dans le latin classique avec ce sens particulier.

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qui n'a rien donné au français ; et c'est le terme le plus général et le plus courant CAsiigare qui lui est resté ^.

Des composés comme magnificarej lœlificare étaient connus de l'ancien latin ; magnificare est dans Plante et dans Térence] Pline en use, toutefois avec un sens un peu différent de notre magnifier^. Lselifi-care se lit dans Cicéron ^. Quant à des mots comme glorificare et sanctificare, à supposer qu'ils ne puissent se recommander d'aucun écrivain assez latin, Estienne est d'avis de les laisser, comme une sorte de prérogative, aux théologiens *.

Il est curieux de voir Henri Estienne, quand il descend aux écrivains du iv*^ siècle, les défendre plus timidement ; il cherche à disculper le traducteur de la Bible d'avoir innové, et il s'efforce de nous prouver qu'en somme la langue de cet écrivain, c'est encore et toujours celle de Qcéron ! La thèse est donc ici mal posée, ou du moins elle n'est pas assez franche : elle va cependant au but qu*Estienne se proposait : de sauver le plus possible de cette latinité trop suspectée et de donner aux latinistes modernes une langue plus variée, plus souple, répondant mieux aux idées nouvelles qu'il leur fallait traduire. L'intérêt et la valeur de cet effort n'en restent pas moins pour nous considérables, au seul point de vue qui nous occupe ici. Estienne a fait ressortir du même coup la loi de continuité ^ qui explique le développement même du latin et qui prépare aussi la naissance du roman, et par suite du français : il retrouve le vocabulaire de la Vulgate dans Cicéron ; n'avons-nous pas vu plus haut qu'il nous montrait aussi dans Cicéron la langue populaire de Plante ? Chez ces écrivains d'époques si différentes, sous les accidents du style, de la syntaxe et du lexique, c'est toujours la même langue, une dans son génie, variée dans ses moyens d'expression, qui se transforme lentement.

Comme il avait repoussé le jargon des écoles, Henri Estienne rejette absolument le latin moderne des clercs, « ce brave latin

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