‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 25 sur 533 · Th, Bezse pœmalum editio Mecnnda, p · texte numérisé non relu

Th, Bezse pœmalum editio Mecnnda, p

24 HISTOIRE DE l'œUVRE FRANÇAISE

montre-Uil dans ses ouvrages français. Aux pièces latines ou grecques qu'il a citées dans V Apologie ou dans les Dialogues^ il faut ajouter celles qu'il a essayé de traduire à son tour, et parfois avec succès, en vers français.

Malheureusement, ces épigrammes latines du volumes de 1569 renferment des allusions trop souvent perdues pour nous. Du moins savons-nous, par l'interrogatoire du Q>nseil, que les deux pièces désignées ci-dessus, visaient « de ses compagnons d*escoles d'Italie ». — A les prendre, les unes et les autres, par leur côté plus général, nous trouvons sur les avares, sur les médecins, sur les auteurs et sur les femmes, les traits d'ironie qu'Estienne a semés dans son Apologie^ — et dont il se souviendra encore dans les Dialogues ou dans sa Précellence. Il est même question des amphitryons qui donnent de mauvais dîners : en somme plus de bonne humeur que de méchanceté. Une épigramme contre le livre de Charles Bovelles « sur les langues vulgaires » nous avertit qu'Estienne suivait de près tout ce qui intéressait l'histoire et la fortune de la langue française ^

Ouvrons maintenant le Francofordiense emporium^ la Poire de Francfort, qu'H. Estienne publia en 1574. Il s'y trouve des épigrammes à l'adresse des buveurs ^, et Tune entre autres sur les Italiens qui osent appeler les Français botiglini (gens aimant à caresser la bouteille '^). Il est très vraisemblable que c'est là « une de ces moqueries contre aulcuns personiers et mesmes contre les Italiens » qu'on lui avait reprochées dans l'interrogatoire de 1570. Les pièces in Aulum et in Posthumum reparaissent aussi, avec quelques variantes et additions *.

Eh bien ! la liberté que Genève lui refusait, Henri Estienne la prenait à Francfort ^. Gomment mieux parler qu'il ne l'a fait de ce marché de livres et de cette foire d'idées, où affluaient tous ceux qui étaient curieux des nouveautés littéraires, où à coté des savants les hommes politiques se donnaient rendez-vous pour recueillir les nouvelles et nouer des intrigues? Gar c'était aussi là,

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