Ibid.f p. 48, 50 et
5. Le Francofordiense emporiam fut imprimé i Genève comme le mentionne le titre. Ce livre, que peut-être H. Estienne a pu dissimuler A la censure de Genève, a été vraisemblablement mis en vente à Francfort ; il est déilié au Sénat de cette ville.
l'affaire des épigrammes 25
comme on Ta dit, en citant un témoi^age du temps « où la grande cloche se venoit toujours fondre », c'est-à-dire, « où se prenaient les décisions qui précèdent l'action » ^ — Et sans doute avec ceux-là, Estienne parlait bien aussi quelquefois de politique et de guerre : ses discours à la diète de Ratisbonne en témoigneront. Mais Francfort, à Tépoque des foires, lui plaisait par tout ce mouvement qui contrastait fortement avec le calme un peu mort de Genève. A Francfort, il trouvait des lecteurs et point de cen-. seurs -. Il en allait de même à Bâle où il fera paraître en 1 590 sa Principum monitrix Musa : le Conseiller des Princes; et dans ce poème il se souviendra de Tune de ses pièces latines qu'on lui avait confisquées à Genève, tranchons le mot : avec stupidité. Il avait dit son enthousiasme fait de reconnaissance pour l'Italie ; car il distinguait entre certains Italiens et l'Italie, où il avait eu la joie de ses belles découvertes : le ciel de Naples avait souri à sa jeunesse. Dans le poème de 1590, il célèbre encore Florence, qui lui est la plus chère après Naples; et ces vers vibrent d*une émotion où il a mis toute son âme d'humaniste : ils sont sans doute à peu près tels qu'il les avait écrits pour son volume de 1570 : « Je t'aime, Florence, je t'ai aimée tout enfant... j'ai pris plaisir à te contempler pendant de longues journées, et souvent la nuit m'a surpris dans mon ravissement. De toutes les cités habitées par les Ausones, tu es, après Naples, celle qui m'est la plus chère. Mais je veux, ô Florence, t'avouer la vérité, (car j'ai ce principe qu'il faut tout dire à un ami et tout aussi à une maîtresse) : tu me serais encore plus chère, si tu n'avais pas donné le jour à rimpiè Machiavel... ^ ».
Cette fois donc la raison ni l'esprit n'étaient du côté des juges. Laissons les fameux édits sur la librairie; il est entendu quEstienne a toujours eu le tort de ne pas les respecter assez. Mais était-il nécessaire de revenir, après quatre ans passés, sur le procès de Y Apologie^ et de lui rappeler aigrement .sa riposte au
1. Lettre de Schomberg à Brûlart, 27 févp. 1586, cilce par Anqucz : Jfenri IV et V Allemagne,
3. Voyez à la fin de la Lettre $ur Vétat de son imprimerie (1569) les vers qu'Estienne adresse à Camerarius : « avec quelle impatience on attend ce qu^Estienne apportera de nouveau aux prochaines foires! » (dans Renouard, Ann.^ p. 512.)
• A Francfort, dans cette Athènes de T Allemagne, si libérale pour les étrangers, accourent de tous les coins de l'Europe les imprimeurs, les libraires, les poètes, les orateurs, les historiens, les philosophes et les savants. C'est là qu'on les voit et qu'on les entend parler et discuter dans les boutiques des libraires de la ville... » {Éloge des foires dan9 le Franco f. emp.^ p. 23-27.)