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libraire Claude Ravot?Et quelles misérables chicanes pour cette littérature latine qui n'était pas cependant, comme lautre « matière de conséquence » — jusqu'à le léser aussi gravement dans ses intérêts matériels — jusqu'à lui reprocher Texpression peut-être un peu naïve, mais respectable, du souvenir qu'il avait adressé à sa première femme * ! Que de bruit pour un Crespin -, ou pour ces Italiens qui habitaient cependant assez loin ! Quant aux « joyeusetés », ne pouvait-on leur faire grâce un peu, et n'était-ce pas le cas de se rappeler qu^elles étaient en latin?
Mais si quelqu'un a dû être contrarié et s'est senti embarrassé de cette affaire quelque peu ridicule, je suppose que c'était Théodore de Bèze, qui d'ailleurs resta attaché à Henri Estienne, sans le défendre toujours avec l'empressement que son ami était en droit d'attendre. En somme, Estienne n'avait pas tort d'opposer aux censeurs l'œuvre même de Bèze : nous ne reprendrons pas pour notre compte les accusations dont la malignité de certains de ses contemporains avait poursuivi l'auteur des Juvenilia. Nous serons moins sévère pour lui qu'il ne l'a été lui-même. Il n'a pas voulu se couvrir du mot trop facilement invoqué par quelques-uns : lasciva est no bis pagina^ vita proba esO. Mais Bèze, dans son austérité chrétienne, exagérait singulièrement le côté « lascif » de ses élégies. Henri Estienne fut encore moins coupable que lui : leur péché à tous deux était plus littéraire que moral. En écrivant ces épigrammes, ils se sont distraits d'autres travaux plus austères, et la littérature latine du xvi*^ siècle y a gagné quelques jolis morceaux.
Dans l'édition de 1»j69, Th. de Bèze était défendu et célébré par réditeur qui était son ami : H. Estienne avait signé les pièces latines et grecques qui suivent les poésies : « in cucullaios Bezomastifjas » (contre les diffamateurs encapuchonnés de Bèze^). Dans l'édition de 1576 (la 3*^), son nom figure encore en tête de ces