Conform,y
6. V. A. Dannesloler « !ji vie des mots •», ouvrafre d'une anah'se pénétrante, mais qui sVn tient tn^p encore, à notre avis, aux distinctions des anciens lofciciens.
7. Nous dirions plus philosophiquement aujourd'hui : sur rasfocûifibM des idées.
^. 0>mme ensei*jne, cornette. Jrj/>e;iu. etc. V. notre chapitre sur Tinflaence italienne.
celui OÙ la forme du mot n'étant pas la même en latin et en français^ le sens est cependant identique. Certains des exemples qu^apporte Esticnne s'entendent assez d'eux-mêmes : discere^ apprendre; miiterey envoyer; stimulus j aiguillon; ducere bellum^ mener la guerre, etc.* ; mais il faut remarquer qu'une partie de ces expressions peuvent, à un autre point de vue, se ramener au second cas : la forme est la même, le sens différent. En effet, le latin vulgaire et le bas latin ont donné à certains sens premiers un tel développement que ces sens recueillis par le français ne correspondent absolument plus à ceux du latin littéraire ^. Si donc nous voulons traduire a en bon latin » ces mots français, nous les interprétons par des mots différents. Ici les deux termes que nous allons rapprocher pour la signification ne seront plus voisins, mais étrangers l'un à Tautre par la forme, ou encore par l'idée primitive du mot :
Apprendre ^ est le résultat d'une ancienne métaphore, d'origine latine : apprendere doclrinam mente ou memoria; mais si le mot a fait en français la fonction de discere^ ça été en perdant sa force métaphorique. Comprendre est peut-être moins éloigné au sens figuré de « saisir par Tesprit » du latin classique, puisque Cicéron emploie de même comprehendere^ mais en y ajoutant un mot comme a/timo, ou tout autre qui fasse sentir la métaphore. — Dans appréhender (mot de formation savante] * réparait le sens concret de prendre, saisir, le seul connu du latin classique : « prendre de la main, empoigner *. » Ajoutons que ce sens concret est très sensible, même quand le mot est employé au figuré : « Nostre parole le dict, mais nostre intelligence ne Tapprehende point*. » C'est ici encore, comme dans comprendre, Tidée de saisir par Tesprit [intelligere) ; mais ce sens figuré dure peu, et il n'appartient guère qu'à la langue purement littéraire; il donne naissance à une autre acception, celle de craindre, redouter, qui encore rare au xvi« siècle, se développe au xm* : « Et n'appréhendez point Rome, ni sa vengeance' ». Mais en même temps s'efface la métaphore originale, et sous ce mot il ne subsiste plus que ridée abstraite de craindre ou prévoir un événement redoutable.
De ces exemples et d'autres analogues, Estienne aurait pu facilement dégager cette double loi : le latin populaire ou barbare