‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 276 sur 533 · Lat, $U!tp,f 29 et suiv · texte numérisé non relu

Lat, $U!tp,f 29 et suiv

3. Encore Tavons-nous fortement abivjçcc ; elle remplit plusieurs pages du traité. Après la tête, Estienne passe aux autres parties du corps, en montrant encore comment les représentations concrètes servent à si^^nifier des idées abstraites.

i. V. notre 1" partie, p. 175.

ô. Vol. de Lyon, 501. {Jeux rust., p. 69.)

u Vendre de la fumée à quelque poursuivant * » Rob. Estienne n'indique pas le sens métaphorique. Cf. Martial : fumos vendere^ vendre de la fumée, c'est-à-dire une vaine protection auprès des grands '.

i( Courtise ceux auxquelz la court venteuse Donne d'hommes sçavans la louange menteuse '. » Rob. Est. ne donne que venteux, plein de vent, au sens propre : « mare ventosum » (Horat.) mer agitée des vents. L'idée métaphorique de ventus est très latine : « ventum popularem quœrere iCic.) ; plebs veniosa (Horat.) instable, mobile, etc. » (Lat.-fr.) Cf. Montaigne : « La fortune m'a fait quelques faveurs venteuses, honnoraircs et titulaires, sans substance"*. »

« Vrayment d'un bon oiseau guidé je ne fus point* ». Note marginale : u non bona alite^ ma/a alite. » La métonymie latine n'est pas devenue et ne pouvait pas devenir française : la science augurale nous a seulement laissé notre mot heur (de augurium, d'où bon heur et mal heur) « bonis avibuSf de bonne heure; adversa avi, à la maie heure, de malheur*. »

D*autres rapprochements faits par Estienne nous paraîtraient sans doute moins curieux. II note que cette expression : « tromper mes ennuis » se retrouve dans Ovide « fallere curas"^ » ; peut-être Talliance de ces mots était-elle encore assez neuve pour le frapper. Mais plutôt n'était-ce pas qu'il prenait plaisir à accumuler les exemples en faveur de sa thèse qui était d'établir la conformité de la langue française et de la langue de Rome ?

Les preuves qu'il a fournies ne sont pas toutes d'égale valeur. Il s'est laissé parfois séduire par des analogies chimériques ou trop vagues. Du moins a-t-il vu juste pour l'ensemble. A coup sûr, il serait vain de rechercher pour tous ces gallicismes une filiation étroite avec les latinismes qui semblent leur répondre. Mais si large, que nous fassions la part de l'esprit français dans les combinaisons multiples des mots, dans la mise en œuvre du lexique, n'oublions pas qu'il est né de l'esprit latin et qu'à peine livré à lui-même il s'est mis à l'école des Latins; élève original, soit! mais qui ne s'est jamais entièrement émancipé. Il peut donc arriver que tel « gallicisme » qui nous paraisse indigène, soit une imitation plus ou moins voulue

I. VoL de Lyon, dS6. {Regrets^ p. 97.) 3. Cité par le dict. lat.-fr. de Rob. Est.

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