LE FONDS GREC
Rapprochements chimériques entre la syntaxe du grec et celle du français ; — H. Estienne n*a relevé aucun hellénisme syntaxique dans les écrivains de son temps.
Le traité de la Conformité est, d*un bout à Fautre, un parallèle entre les deux langues grecque et française, considérées à la fois dans leur lexique et dans leur syntaxe. Si en regard des hellénismes Estienne a placé les gallicismes, il avoue cependant qu'il n*y a souvent dans ces rencontres entre les deux langues qu'un simple hasard : « soit que les premiers auteurs de la nostre ayent « ainsi parlé à l'imitation des Grecs, soit que par une mesme gayeté « (T esprit ils se soyent entrerencontrez en ces mesmes façons de par- « ler^. » Mais en dépit de cette correction faite à labsolu de sa thèse, Estienne s'est appliqué à retrouver quand même dans la syntaxe française un décalque de la syntaxe grecque. Aussi préjuge-t-il plus qu'il n'analyse. Par exemple il voit un génitif grec dans cette tournure : il est fasché de cela •. Admettons à la rigueur que, le latin ayant plus d'une fois imité le grec dans ses tournures, le français à son tour a pu, d*une manière indirecte, reproduire des héllénismes ou les dégager, par une sorte d'aflinité lointaine, de leur enveloppe latine. Malheureusement les faits de cette espèce qu'Estienne considère comme les plus probants ne sont rien moins que démontrés : par exemple, Temploi àesi dans l'interrogation indirecte serait un hellénisme, reproduit à la fois par le latin et par le français : « demandez luy si cela luy plaist^, » C'est, en effet, en grec et en latin, la même valeur de la conjonc-