V. h. ail. bleih-faro : de couleur pâle
5. Racine germanique yrab : d'où l'allemand graben : creuser buriner.
6. Tapir vient sans doute de la racine germanique lappo; lapp : bouchon, zapfen, d'où aussi en français lapon, tampon : se tapir serait se rouler comme un bouchon
V. Scheler, cf. Korling'. IVautre part l'idée de bas, et au moral d'humble, exprimée par TsnctvtSç. s« retrouve dans Titalien tapino, tapinare que]Korting insi* rit sous le mot irrec. (V. Diez au mol tapir. ^ Mais il y a quelque inconséquence à admettre la dérivation grecque pour Tilalien et à la rejeter pour le français. Nous pensons qu'il vaut mieux conclure dans les deux cas A une dérivation germanique.
A V arabe rendons « hocqueton^ de 6/tTwv ». Le Français-lalin écrit hoquetoriy et donne la même étymologie amusante ^. Frappé de cette assimilation prétendue de l'article grec, Estienne cite encore : austruche pour osiruche de 6 (yTpou6<Jc *.
Dirons-nous que Henri Estienne a voulu retrouver du grec dans « les beaux mots de jergon i»! arli : d'xpTo;, pain ; cri^^ de ntf^u viande; pioi de TcuTv ^ ; il est d'ailleurs à craindre qu'Estienne n'ait con/ondu quelque peu le vrai jargon (le langage des voleurs ou des gueux) avec le parler populaire ! car s'il s'agit d'un parler conventionnel, il est inutile de chercher l'étjmologie de mots ou plutôt de sons auxquels un sens spécial a été arbitrairement attaché. Du moins /9fo/ est-il encore au xmii* siècle « un terme burlesque qui signifie le vin » (Furetière.) «Cette nectarique, délicieuse, précieuse, céleste, joieuse, déifique liqueur qu'on nomme le piot. » (Rabebais^ Panlagr,, 1.2.) Pioi est un dérivé de pier, boire. Mais si ces mots étaient, comme il le semble, de la langue populaire, il paraît difficile de leur attribuer une origine aussi a savante » que le grec icttv.
Mois t>enus réellemeni du grec^ mais d'un auire moi que celui donné par Esiienne : « chère on chaire : comme faire bonne chère, et faire chère à quelqu'un, de /aîpe » (au lieu de xapa, lat. popul. cara, téie) ; a mine^ nom d'une certaine mesure, de ^éSif&vGC, selon Budé » (au lieu de 7)2Ji^va : la moitié du setier, latin hemina ; vieux fr. emine^ encore un cas d'aphérèse.) « Squinancie, ffuvxY^ï). » C'est étymologiquement l'angine des chiens : xuvxv^iri (cf. l'italien «cAmanzia).
« Thaleni, pour dcsir, dont vient enthalenté, de kBtko^Tr^ç » — « talent pour grande volonté et désir. » (Franc. -latin.) Estienne relève aussi le mot dans la liste de ceux que l'italien a pris au français {ialenio '); « et quelquefoys iront lorsque n'en auront talent ». Rabelais (dans Lit.) Le root vient de ialenium^gTec ràXavxov: poids de la balance; le roman a développé le sens figuré de inclination, penchant^désir^ que l'italien conserve encore; le sens d'aptitude, d'habileté semble postérieur au xvi" siècle.
Il arrive enfin qu'Estienne signale la véritable étymologie, tout en ne l'adoptant pas :
1. C'est Tarticle arabe al et qolon (coton); vieux français : auquelon^ casaque en coton.
2. « La forme autrache est dialectale » (Scheler) Latin : avis struthio.
3. Os deux mots appartenaient au jargon du xvi* siècle ; ils sont encore dans le Dictionnaire de Vargot parisien de Loredan Larchey : artie^ strtify arion ; [artoun qui a le même sens dans des patois provençaux, représente peut-être le grec.) Crie, crigue^ criolle : viande.
4. Ccst Topinion de Diez, reprise par Scheler et par Kôrling. Émettons, à ce «sujet, une simple hypothèse : peut-être pier, boire, se rattache-t-il à piper (bas-latin pipare). siffler, d'où pipe, sifflet, tuyau, et par extension, mesure de liquide, et même tonneau : une pipe de vin. Pier aurait signifié humer avec la pipe, par suite boire.
Pion est aussi employé par Villon et Rabelais au sens de buveur; mais ce n'est peut-être qu'une extension plaisante et abusive du sens propre de soldat (l'homme de pied). Les exemples de pier sont anciens et de la langue populaire (v. God,)