PrécelL
l'élément grec ou fonds latin 283
« Acouterj de àxoustv, si on ne Taime mieux déduire de ansculUtre, Plusieurs usent plustost de escouter, » Or le témoignage même du diction* naire de R. Estienne prouve que escouter était alors la seule forme usitée ! — u Termes (figures d*hommes ou de femmes sans bras et 'sans jambes : épjAoT... plustost que de iermini^, » Ce qui trompe ici Estienne, c'est la ressemblance de sens qu*ofTrent le mot grec et le mot français. Or une figure sans bras et sans jambes^ c'est précisément une borne, un terme {terminus *).
Mais laissons les tâtonnements de cette ancienne méthode étymologique qui avait d'autant plus de chances de se tromper qu'elle s'adressait au grec plutôt qu'au latin. Par contre, en signalant rélément grec du fonds latin, Henri Estienne est rentré dans l'histoire et dans la vérité.
La contradiction que nous avons remarquée entre ses deux thèses de la Conformité et de la Latinité suspecte apparaît encore ici d'une façon flagrante. Dans la première il se refuse à croire que les Français aient reçu leurs mots grecs « par mains tierces, asçavoir des Latins. » Mais, « pour contenter tout le monde » il a mis « les parolles latines telles qu'elles sont (prises pour la pluspart du langage latin barbare ou de cuisine] avant les mots grecs ^... » Or c'est en étudiant ce latin barbare pour lequel il témoigne moins de mépris dans sa seconde thèse, qu'Es tienne y retrouve une part considérable de mots grecs; il reconnaît aussi ceux qu'avait reçus antérieurement le latin (classique ou post classique) et qu'il avait transmis au moyen âge.
C*est d'abord la langue de Cicéron qui se charge de mots grecs pris au vocabulaire littéraire et scientifique ^; assimilés au latin, ils arrivèrent nombreux jusqu'au français par voie littéraire^. Par
i. Cf. LàL Mttip., p. 100.