‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 283 sur 533 · Et c*est ce que dit Furetière, dans son dictionnaire · texte numérisé non relu

Et c*est ce que dit Furetière, dans son dictionnaire

3. Conform.f p. 302. Le sens véritable de cette concession, faite de mauvaise irrAce, a échappé au P. Ph. Labbé, jésuite, qui reproche amèrement aux auteurs des lUeines grecques de ne pas avoir suivi le chemin que leur avait tracé Henri Estienne, en plaçant entre le mot grec et le mot français l'intermédiaire latin. V. « les étymoloiries de plusieurs mots françois contre les abus de la secte des hellénistes du Port- Royal », 1661. (Advertissement aux lecteurs.)

4. LmL suMp., p. 313 et suiv. Cf. « De abusu linguic f^rtecte in quibusdam vocibus quas latina usurpât », traité publié par H. Est. en 1563 (V. Tavertiss*). Quant au CieeronUnum lexieon graeco-latinum de 1557, ce lexique est, à vrai dire, un recueil, non de mots grecs empruntés par Cicéron, mais des équivalents latins par lesquels Cicéron traduit les expressions grecques. Cet ouvrage est donc utile à qui veut rechercher l*influcnce du grec sur le sens de certaines expressions latines.

5. • De quibus dubitari potest an per manus Latinorum ea habeamus ». Lut. sasp.^

exemple : idiota qui déjà dans Cicéron signifie sans esprit, inintelligent, idiot * ; prologus : prologue^ etc. Estienne reconnaît aussi que nous avons en commun avec les Latins des mots de la langue religieuse et des termes de médecine. (V. plus loin.)

Il ne doute pas non plus que nous n'ayons emprunté aux Latins des mots qui sont, en effet, très anciens dans notre langue, sinon bouihique qu'il tire plus volontiers d'à^oôi^XY) que d'apotheca^ du moins le dérivé apothiquairCy apothecarius, et il signale Tapocope qui est ici certaine, en supposant les formes intermédiaires : potheque, botheque, boutheque * ; jalons qu'il rattache par zelosus et zelus à l^7|Xoç '.

Le français a changé la signification de certains mots grecs, conservée par le latin. Par exemple : monopole a un sens plus général que {xovoTTwXtov ou monopolium; il ne signifie pas seulement l'association faite entre plusieurs personnes pour fixer, même injustement, le prix d*une marchandise, mais toute entente pour arriver à un résultat quelconque, pour faire la loi aux autres... D'où ces dérivés purement français : monopoler, c'est-à-dire faire un monopole ou des monopoles, Cesl un monopoleur^ pour cesl un faiseur de menées.,, facliosus; monopole : menée, complot ''. Ce sens dérivé est ancien dans la langue* et il est fréquent au XVI* siècle. « Convaincus de crimes atroces, d'avoir fait des traittés et monopoles contre la France* ». D'Aubigné.

De même Dragée « pris par l'intermédiaire du latin iragemata, ne signifie pas, comme en grec, toute espèce de dessert, mais une sorte particulière^. »

Enfin d'autres mots grecs, empruntés par le français ne sont représentés que dans un latin u barbare » (et c*est précisément le bas latin) ^.

1. Le sens de sot, sans intelligence est le plus fréquent en ancien français. (V. XIII* siècle dans Littrë.) Le sens du grec classique « étranger à telle science, ignorant » reparaît au xvi* s. par exemple dans Calvin qui oppose les idiots aux sÂvanis. (Inst, 33 dans Lit.) « Ayant eu pnncipalemcnt égard aux idiots, j'ai usé d'un langage commun, » dit Castellion, Dëclanition de certainM mota^ en tète de la Bible françoise. V. F. Buisson, I, 323.

3. Lat. susp.y 316-317. Le mot apparaît au xvt* siècle sous la forme boaticle; Lit. et Dict, gén. V. plus bas; {apoiecaire^ xiii* s. dans LU.) Darmcsteter le tire du bas grec botheki. [Cours de grnmm. hist.^ 3* partie, p. 110. Mais il est tout aussi permis de supposer une altération du latin populaire.

3. Latin post. classique ; jalons^ xui* s. dans Lit. ; jaleaSj xv* s.

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