‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 287 sur 533 · Dans saint Jérôme (v. Gœlzer · texte numérisé non relu

Dans saint Jérôme (v. Gœlzer

7. La^ sttsp,^ 315. Peut-être n'y a-t-il ici qu'une simple rencontre entre le f^rec et le latin. Mais cependant XEt'|ava était devenu un terme de la langue ecclésiastique ^il se trouve dans saint Basile, saint Chrysostôme, etc.) et comme tel, il a pu influer sur le reliquia latin, pris au sens chrétien. Estienne a fait la même remarque dans le Thés, grec, t. II, p. 663, où il signale reliques et des reliquaires.

H.SKOvSaXov, proprement un obstacle placé pour faire tomber quelqu'un (cf. Thésaurus grec); scandalum au sens théologique (l'occasion qui fait tomber dans le poché) est dans Tertullien, saint Jén%me, Pnidence (v. Gœlzer). Même signification de esclandre au moyen Age (xni* s. dans Littré, sous la forme escanlea) par extension : bruit fâcheux, éclat m pour avoir esté si hardis que d'avoir fait ceste esclandre si près du roi ,'xvi* siècle dans Lit.) De même scandale a été sécularisé au sens exlcn- »if de mauvais exemple et d'éclat. « Esclandre : scandale, difTamation; esclandrir aucun : le dilTâmer » (Fr.-latin).

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çais : ii observe que nous employons seulement blasphémer * ^ en parlant de Dieu, et blasmer des hommes, et il en veut fort au même traducteur moderne du Nouveau Testament d'avoir remplacé un mot aussi éner^ gique dans sa précision que ce blasphemare par impie loqiii '.

Ce traducteur n'est autre que Sébastien Castellion dont la Bible latine^ avait paru à Bâle, en lool. 11 avait essayé de donner dans un latin classique une interprétation fidèle des livres sacrés. En réalité, il n'attachait pas d*importance à la forme : il lui sudisait que sa traduction fut claire *.

Mais, du moins par son côté « littéraire », la critique de Henri Estienne était assez juste : ces synonymes latins n'affaiblissaient-ils pas la force du texte original ? Les termes remplacés par Castellion n'étaient pas seulement « sacrés et consacrés », ils avaient été, à leur heure, des néologismes inévitables.

Cest ainsi que les héllénismes du Nouveau Testament grec ont enrichi la latinité ; un certain nombre d'entre eux ont eu même la singulière fortune dé se séculariser, comme blâmer^ hypocrite^ scandale^ scandaliser. Citons encore avec Estienne agonie ^^ hérésie^ et ajoutons /)aro/6^. D'origine grecque ou latine, la langue du christianisme a triomphé dans le monde avec l'esprit qui l'animait.

La plupart des mots venus par l'intermédiaire du latin ecclésiastique ^, apparaissent en ancien français. Quelques-uns seulement semblent appartenir à une formation plus récente, comme exorciste : (xvi« siècle,

1 . Mêmes distinctions dans les deux dictionnaires de Rob. Estienne. Blasphémer semble être du xvi* siècle. (La Boctie dans LU.)

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