Scheler et le Dict. gén
an(e en anti, mais à une confusion entre le suffixe latin et le suffixe grec ; ou, ce qui revient au même, à une influence, malgré le sens, du grrec avTi.
Parasite^ qui ebt dans Rabelais. Rob. Est. (1549; en donne une longue définition, ce qui semble prouver que le mot n'était pas très courant au XVI® siècle : u ung flatteur pour les morceaulx, un patelin, un iaquct... »
Les autres « lieux communs » signalés dans 1 avertissement du livre 3 de la Conformité n'ont pas assez d'importance, ou si l'on veut, Estienne en parle trop brièvement pour nous y arrêter à notre tour^
La formation savante et la prononciation populaire. — Rapports étroits de la science et du langage scientifique.
Henri Estienne s'est plaint plus d^une fois de Taltération que la prononciation des ignorants, a du vulgaire » a fait subir à certains mots venus du grec, comme migraine- et sciatique^^ « tellement que la dérivation en est difficile à reconnaître ». Or cette altération est suffisamment expliquée par les .lois mêmes de la phonétique française, et c^est précisément la marque que la formation populaire a mise sur les termes les plus usités et tombés dans le domaine commun. La langue religieuse n'y a pas échappé non plus : le peuple transformait archidiacre en astiacre ^ et il faisait à^ephiphanie une sainte Tiphaine ^. On disait pentecoste et pentecouste ^ et psalma se prononça pendant longtemps seau me. Pour en revenir aux termes de médecine. Estienne préfère syringue à seringue qui prévalait déjà de son temps"; syringue est dans Lanfranc (xiv* s.) ; ptisana devient tizane (dès le xiv* siècle).
Mais, d'autre part, Estienne a raison de reprocher à ceux qui
1. V. noms des parties du corps humain, p. 193, de bètes et d'oiseaux, p. 195, noms propres d'hommes et de bètes, p. 195.
2. Estienne propose hemicraine f^jjLixpaivaf ou hemicranie vjfAixpav^a. [Conform table; cf. Lat, susp.^ 96.) L'apocope se retrouve dans le bas-^i^rec migrania qui a pu donner directement migraine.