V. entre autres passages, Dial.^ I
4. Dial., II, 252. C'est le passage de la page 555 de Tédit. originale cité par Thurot (I, 376).
l'influence italienne sur la prononciation 3H
dialectes Frances qui cognoissent bien le rey^ non pas le roy ^ », et reprenant lui-même Thistoire de la diphtongue oi aux origines de la langue, il reconnaît que en quelques mots on avait dit e avant or, comme dans esielle^ du latin stella, avant de dire esioile. Mais il nie que « Francés » soit pris de cet ancien langage, et il rappelle que « François » est dans le roman de la Rose et rime avec « ainçois », que le même roman dit Milsinnoises et Lorrainnoises ^ non pas Milanneses et Lorraineses, et qu'en tout cas, « il n'y aurait aucune raison de quitter la prononciation de ses prédécesseurs pour se ranger à celle des plus anciens *^. »
Toute cette page démontre jusqu'à Tévidence que Henri Estienne considère en 1578 la prononciation de oi par è comme nouvelle et étrangère. 11 nie qu'elle soit tirée de l'ancien français ou dialectale. Nous disons en 1378. Car il y a dans V Apologie pour Hérodote un passage qui semblerait donner raison à l'assertion de Thurot; et il est assez piquant qu'il ait échappé à Tenquête si considérable poursuivie par notre maître ^,
« Il est certain que ceci [cette prononciation] est venu premièrement des femmes qui avoyent peur d'ouvrir trop la bouche en disant François et Anglois... Et ne peuvent ces mignars et mignardes alléguer pour leur défense la langue italienne, en tant qu'elle dit Francese et Francesiy sinon qu'ils veuillent faire ce tort à leur nation de dire qu'clFait appris son nom des Italiens. Il est vray qu'ils disent aussi Inglese et Inglesi\ mais il n*y a point de doute qu'ils ne nous ayent ensuivi aussi bien en l'un qu'en l'autre, ne pouvans pas juger si nous parlions bien ou mal. »
En 1566, H. Estienne niait donc l'influence italienne dans ce fait de prononciation, ce qui ne l'a pas empêché de l'affirmer douze ans plus tard. La contradiction est évidente : Estienne a changé d'opinion.
A notre tour, essayons de concilier les deux théories, celle qui