‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 319 sur 533 · DUl · texte numérisé non relu

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3. Ibid.y II, 258-259. Cf. //t/p., p. i6, où Estienne étudie ensemble oe et oi; il dit que oi a un 9on intermédiaire entre oi et oe, par ex. dans mois, /où, iroi»^ pois ; il ajoute que la prononciation /ë, lé (pour foy, loy) était probablement celle du vieux français et qu'elle existe encore dans certains dialectes.

A Paris, le peuple prononçait à tort moas^ foaSy Iroas^ poas, comme nous le verrons plus loin. Cf. Uyp., 119, où cependant il est dit que beaucoup de ^^ens du peuple (de Paris) prononcent det pour doit {digitas), comme en vieux français. Quant i reine [regina). ce mot avait été amehé, comme ceux où Vé était tonique, Â oi et par suite à oe. H. Estienne \eut qu'on récrive et qu'on le prononce roine [roene^'y et il proteste encore contre la prononciation de reine \^réne) dans ses liyp. »20H). Rob. Est. écrit déjà reine ; telle a été la prononciation dominante dès le milieu du xvr siècle (v. Thurot, I, 510).

3. Apol.j II, 136. M. Risleihubcr ne parait pas s'en être souvenu dans son édition des Dialogues,

voit dans le passage de oi à Vè un trait uniquement dialectal, et celle qui, au contraire, l'explique par Timitation du langage italien. La contradiction n'est-elle pas dans les faits euxmêmes? Certes, nous sommes loin de prétendre que toutes les particularités du langage de la cour doivent être expliquées par Tinfluence italienne. Estienne savait, et nous reconnaîtrons que la prononciation parisienne de a pour e : la place Mauharty ou de oua pour oue : trois moas^ était commune au bas peuple et aux courtisans. Mais conclure avec Thurot que rien n'était italien dans ces faits de prononciation, parce que tout n'était pas italien, c'est faire un mauvais raisonnement. En outre, il n'est pas du tout prouvé que le dialecte normand ait agi sur le dialecte parisien, comme Sylvius parait le croire K Laissons donc le normand, et partons de ce fait, cVst qu'à Paris et aux environs de Paris l'ancienne prononciation par e subsistait dans un certain ^ nombre de mots : iele et non toile, estellé et non estoille\ vêe non t?oîe, Pontése^par ma févere, etc. Il est vraisemblable que ce trait dialectal a pu favoriser dans d'autres mots et dans d'autres cas le passage de oi à e. C'est encore ainsi que vêla dit par Philausone pour voilà est placé dans la bouche du peuple par Sylvius ^. Mais ni Sylvius n'a dit, ni Thurot n'a prouvé qu'en dehors de la cour et antérieurement à l'influence italienne le peuple de Paris et les gens de la campagne prononçassent : Francès pour FrançoueSy] allés pour y alloués *.

Cette prononciation nouvelle a été dans ce cas particulier le fait de la cour qui n'avait cure du dialecte normand et qui ne pouvait demander au parler des faubourgs ou de la banlieue ce qui leur manquait. Le témoignage de H. Estienne est encore confirmé par Th. de Bèze qui d'une part relève aussi la prononciation normande de é, mais d'autre part attribue à l'imitation des Italiens è pour oi dans les noms de peuples ^. Seulement la Cour a d'autant plus facilement adopté et imposé la prononciation des Italiens, dans ce groupe de mots et

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