‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 320 sur 533 · Sylvius, 21, cite par Thurot (I, 375) « cuni Normannis · texte numérisé non relu

Sylvius, 21, cite par Thurot (I, 375) « cuni Normannis

2. Thurot dit un çrand nombre, mais ne cite que les six ou huit mots donnés par Sylvius.

3. Dial.f 1, 112. et Sylvius, 145 (cité par Thurot, I, 529). Dans les exemples de Sylvius, r^ représente un è (ouvert), et de même dans quelques-uns des mots cités par Estienne. Sur ce point les grammairiens sont d accord.

4. V. les témoignages de Sylvius, de G. des Autels, de Péletier que Thurot cite luimême (I, 378-79). Si Bèze « attribue aussi au peuple de Paris » la prononciation de è dans la conjugaison, prenons garde que Bèze écrit en 1584, et que Finfluence de la cour a donc eu tout le temps de gagner le langage du peuple ! Mais dès avant 1578, Paris pouvait bien imiter la cour et prononcer : ysillès !

5. «« De Francica; lingua; recta pronuntiatione. » Genève, 1584 ; pages 53 et 54 de la réimpression de Tobler. (Berlin, 1868.)

l'influence italienne sur la PRONONaATlON 313

dans la conjugaison que la langue populaire s'y prêtait par ellemême, et qu'elle était restée, dans un autre groupe, au son de Tè, sans arriver à celui de oi (oué). Ainsi s'est faite la rencontre entre la cour et le peuple, et nous constatons ici la loi de l'influence d une langue étrangère agissant sur la prononciation comme elle agissait sur le lexique.

CA pour CHA ou CHE. — Fidèle à son S3'stème, Thurot ramène exclusivement à l'influence du dialecte picard la transformation de cha ou che en ca *. Mais sur ce fait, le témoignage de Henri Estienne est tout à fait formel : « Il y en a qui ne pouvans faire pis, changent en partie la prononciation françoise en Titalienne, tellement que les mots se trouvent estre comme mestifs », et il cite cavalier et cavalerie pour chevalier « qui n'est pas encore du tout banni » et chevalerie a qui Test entièrement » ; cargne pour charge : donner la cargue^ ou une cargue\ on n'ose pas encore dire carguer pour charger; attaquer qui « participe du françois attacher (qui est le vray mot et nayf) et de Titalien attacar 2. » Même plainte dans rÉpître de Monsieur Celtophile, où chevaleureux est remplacé, peut-être en plaisantant, par cavalereux ^, A la cour on se moque aussi de ceux qui disent chemisade pour camisade *.

Il est vrai qu'il signale la prononciation picarde de ca ; mais il ne croit pas à son influence dans les mots qu'il vient de citer : « Si davanture n'allegoyent (pour se couvrir d'un sac mouillé) qu'en disant attaquer ils ne veulent pas italianizer, mais plustost picardizer... » et Philausone répond : « vous fascheriez bien ces messieurs les courtisans si vous leur disiez qu'ils veulent picardizer ^. »

Remarquons, en effet, que ces termes appartiennent au langage des armes et de la guerre. Plus que tous les autres ce groupe de mots relève de l'italianisme, et plus qu'ailleurs aussi la prononciation de nos voisins y a laissé son empreinte ^.

Rob. Estienne (1549) ne donne que « chevalier ^ ou homme d'armes;

1. Thuroty t. II, p. 208 et sq. Cf. p. 217, une liste de mois d'ori^ne italienne, où mtnquenl les plus importants de ceux qu 'Estienne a si^alés.

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