Ibid,, I
&. /Jbid., I, 130. Estienne rappelle le mot du Picard condamné à mort et qu'une fille boiteuse s'offrait de sauver, A condition qu'il l'épousât. • A ttaque (crie-t-il au bourreau) aiUqne^ elle cloque » c'est-à-dire : attache-moi au gibet, elle cloche (elle boite) (Cf. Apol.j I, 253). Sur le traitement du c initial en français, devant a ou s et sur les faits inverses en picard, v. Hyp., 53-55.
^' V. plus loin. — Pasquier signale aussi ces mêmes mots comme « bastards » e venus de Tltalie. Aec/ierc/ief, VIU, chap. 3, p. 6H4 et Lettres, t. I, p. lOô.
chevalerie, equestris militia; chevalereux, qui a faict beaucoup de chevaleries, c'estrà-dire de prouesses et de vaillances. » — « Masietius, général de la chevalerie des Perses »>. (Amyot*). Cavalier est venu direclement de ritalien cavâ/iere; il se trouve déjà dans Rabelais; « cavallerie legiere », écrit La Boctie.
Camisade ^ représente Titalien incamiciata, attaque de nuit, ainsi nommée parce que les soldats jetaient une chemise [camicia] sur leur armure pour se reconnaître entre eux. Le mot est aussi dans Rabelais (Z)fW. gén.). c Le baron de Cbipy fit mettre en camisade ses soldats... » (Montluc). Noter que le picard dit kemise, et non kamise.
La prononciation de cargue pour charge n'a pas vécu ; il est vraisemblable qu'elle provenait non du picard cargue, mais directement de Tilalien carica, terme militaire (même sens que charge). Cf. caricar V inimico '; caricare s'était abrégé aussi en carcare *, Cargue et camisade ont été employés par Ronsard *.
Attaquer vient, comme le pense Estienne, de Titalien atlaccare (d^oii attacco ^). Le mot n'apparaît en français qu'au xvi® siècle dans Ronsard ^ et la forme picarde n'avait que le sens d'attacher.
A ces exemples, H. Estienne pouvait ajouter camp, qui, lui aussi^ représente directement l'italien campo. Il a cependant signalé la double prononciation et le sens différent de champ et camp^ qu'il rapproche de chable et cable où le sens est le même *. S'il n'a pas pris garde que camp venait de l'italien, c'est que le mot était déjà de son temps très usité. Rob. Estienne le donne avec la traduction unique de castra et il ajoute le dérivé camper, Marot date une épîlre à M® d'Altigny « du camp d'Alençon » (1521) ®. Camper est dans Amyot et dans Ronsard'*. De même campagne^ au sens militaire, très employé au xvi* siècle, représente l'italien campagna : « L'artillerie de campagne » (Lanoue). Mais en revanche, Estienne a fait une remarque sur ces mêmes mots, qui parait éclairer leur histoire. 11 note que dans champ le p final est muet, mais que dans camp « nous ne laissons pas la finale tout à fait muette* ' ». Cette sonorité adoucie du p ne tenait-elle pas à la prononciation italienne de campo'î
1. Nous rappelons que le» exemples cités sans référence se rapportent au Dictionnaire de Littrc.
2. V. encore Dtal., I, 347. « J'en sçay qui discntc/iemtfol^, non pas cë.mi»ol€. •
3. V. Albcrti qui cite des textes du xvi« siècle. A. V. Venuti et la Crusca.
5. Édit. Blanch., t. VI, p. 12, et VII, 31. V. aussi Du Bellay. (Marty-Lac, II, 40.)
6. V. Alberti qui ne cite pas de textes. Manque dans la Crusca. AlUiccare a d'ailleurs aussi le sens général d'attacher. Attaquer manque dans Roh. Est.