‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 322 sur 533 · Ronsard, t. III, p. 27K · texte numérisé non relu

Ronsard, t. III, p. 27K

U.Hyp., 66. Remarque enregistrée par Thurot, II, 124, qui passe sans observation, et qui, nulle part, ne pense à comparer champ et camp.

l'influence italienne sur la prononoation 315

Alternance de ch et de s {notée ss on c) devant e ou i. — Ce fait s'est produit dans des mots d'origine italienne ^ (c Les enfants de V infanterie (ou comme aucuns parlent) fanterie, . . sont appelés fantachins » , dit Estienne, en critiquant ici non la prononciation, mais le mot luimême, dont il rapproche matachin -.

Fantachins dans Carloix (Lit,), Fanlacins, dans d'Aubigné. (Ibid.) Tabourot et I^anouc donnent fantassin (Tburol). La prononciation de ch dans ces sufllxes représente le Ich italien : fantaccino. On rapporterait à tort matachin à TespagnoP, s'il est vrai que les matachines sont a une espèce de danse d'Italie » ou plutôt des danseurs italiens *,

A u très particularités de prononciation dues à V influence italienne : assimilation de c à t, réduction de es (x) à ss ou à c.

On prononce à la cour affettion^ et non affection; affeftioné^ et non affectioné. C'est, ajoute Estienne, « la prononciation italienne qui est en vogue '' » (Italien : affezione^ affezionafo), — La langue cependant met ime différence entre affecté et affetté\ mais cela n'embarrasse pas la plupart des courtisans qui confondent les deux mots ; ceux qui entendent cette différence (c en eschappent le mieux qu'ils peuvent® ».

En effet, la vieille langue connaissait affaité ^ qui avait le sens général de bien faii^ préparé, et le sens plus restreint de fait pour tromper; appliqué à une personne le mot signifiait rii^e : « astut », dit R. Estienne, d'où affetierie avec le sens de ruse, d'astuce (ibid.). C'est sans doute le sens auquel pense Henri Estienne ; c( qui estoit bienaffaicté et faisoit tousjours quelque chattonnie » (Des Périers *). Quant à affecté^ c'est un mot savant du xv* siècle, affeclatus [liob. Est,, 1549). La confusion de ces deux mots en a favorisé au xvi" siècle un troisième : affeilé signifiant maniéré y sous l'influence de l'italien affettato ^.

I. Cf. corniche et comice; carroce et carroche (V. Thurot, ibid.). 3. Dial. I, 3i4et346.

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