‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 323 sur 533 · Participe de affaiter, bas-lat. affectare · texte numérisé non relu

Participe de affaiter, bas-lat. affectare

H. yottv. X, t. II, p. 50. Cf. noiir. XL, t. II, p. 165. C'est dans ces exemples avec ane écriture difTcrente mais qui n'impliquait pas la sonorité du c, le même mot que a/fété.

9. V. Crusca : « quegli che usa ncgli atti, nelle parole, c nc^li abiti soverchio artificio, e chç va composto... nimis elegans, a

C'est dans ce sens qu'Estienne emploie aussi le mot quand il dît « langage par trop affecté et tel qu'on le peut bien aussi appeler affeile ' » — « un langage affetté, qu'ils appellent fleuri » {d'Aubigné.). Enfin il semble qu'Estienne indique, du moins dans le langage des courtisans, la sonorité des deux T; et cela s'explique encore par l'influence de la prononciation italienne.

Les courtisans prononcent de même accetter pour accepter^ acceitationpouT acceptation ^(ital. accettare^ accettazione). C*est toujours à Timitation des Italiens de la cour qui sont incapables de prononcer autrement le français. Les uns et les autres disent encore : Alessandre {Alessandro); une massime {una massima) ^, x est donc ramené à w, et même parfois à une seule s : estreme^ ecellent qu'on prononce comme s'il ny avait qu'un c* [estremOj eccellenie)^

Mais ce sont là des accidents qui n'ont pas laissé de trace et dans beaucoup d autres cas l'affaiblissement de Yx a été indépendant de l'influence italienne.

Voyelles élidées. — De capitaine, « les uns ont fait kaytaine, les autres Are?/ /aî/ie, les autres kepitaine ^ ». Eh 1580, Saint-Liens signale la prononciation de captaine comme la plus ordinaire; il attribue cet étranglement de Vi aux courtisans et note qu^on fait à peine entendre le p. Capitaine est, si Ton veut, un mot « de l'ancien et naturel langage » comme le dit Estienne. De formation savante, il avait remplacé cataigne et chevetaigne^ de formation populaire ^.

Mais pourquoi cette altération brusque du mot dans la langue parlée, au xvi* siècle? On serait tenté d'admettre l'influence de la prononciation italienne capitano, où Vi s'entend à peine quand on dit le mot rapidement, où même le p tend à s'effacer devant le / qui appuie la tonique. Mais n'est-il pas plus simple devoir ici un de ces cas d'abréviation comme il s'en rencontre dans la langue populaire, ou, en général, dans la langue parlée^?

Saint-Liens mentionne aussi la suppression de la voyelle dans

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