‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 324 sur 533 · ibid., I, 341. V. la note de Hisi. et Thnrol, I · texte numérisé non relu

ibid., I, 341. V. la note de Hisi. et Thnrol, I

6. Cataigne dans Roland; chevetaine dans Villehardouin (v. Liltré); capitaine apparaît au xiv* siècle^ {Ibid). Il est curieux de constater que rabréviation du XVI* siècle kaytaine ramène la formation savante tout près de la forme populaire.

7. Quand aujourd'hui le troupier dit « oui, ou non, mon capilainel » lui aussi man^ Vi presque entièrement.

l'influence italienne sur la prononciation 317

madamoiselle^ prononcé à la manière des courtisans (aulico more) mad^ moUelle, et il observe que le d s^entend aussi peu que le p dans captaine *. Les deux faits sont certainement connexes. La langue populaire est aujourd'hui arrivée jusqu'à mamselle ^. L'influence italienne est-elle ici intervenue? Je ne le crois pas; damoiselle a été amené naturellement à demoiselle^ en même temps que madamoiselle à mademoiselle (avec un e si muet qu'on le supprimait parfois dans récriture.) De plus, Estienne nous avertit que les Italiens de la cour prononçaient madamiselle, sans contraction, mais en suivant leur propre langue ^.

Quant à piasir^ dit par les Italiens ou par les italianisants, au lieu de plaisir ^, ce n'était, comme le remarque Estienne, ni de l'italien, ni du français. C'est, si Ton veut, un de ces mots écorchés qui n'ont pas vécu; du moins, il n'a pas laissé de trace dans l'histoire de la prononciation française.

Par contre, les faits où nous avons constaté avec Henri Estienne rinfluence italienne, sont assez caractéristiques pour qu'il nous soit permis de rectifier une des conclusions par laquelle Thurot termine sa grande histoire de la prononciation française ^. Thurot dénie à un langage étranger la possibilité d'agir sur la langue vulgaire. Il affirme que « les changements dans la prononciation de la langue vulgaire ont commencé à se produire dans la petite bourgeoisie et dans la classe populaire qui sont précisément la partie de la société la plus indépendante d'influences étrangères ou littéraires. » Il refuse donc toute part d'initiative à la cour, aux gens de guerre et aux écrivains. Pour la prononciation, comme pour le lexique, les faits contredisent cette théorie trop exclusive. En revanche, nous ne prétendons point nier l'activité de la langue du peuple, très capable de réagir à son tour sur celle de l'aristocratie. Nous avons même essayé de montrer que certains changements furent d'autant plus faciles qu*ils étaient préparés par la tendance du langage commun ou seulement favorisés par son hésitation.

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