Ibid., I
33(] H. ESTIENNE CIlAMMAIRIEN FRANÇAIS
radical germanique band ou ban qui signifiait « signe, drapeau », et auquel il faut vraisemblablement aussi rattacher les mots italiens banda (d'où le français band€)ei bandiera^ d'où bandière, substitué « en quelques lieux » à bannière^ particulièrement « chez les Picards * ». Mais celte forme plus récente, et dialectale, n'en est pas moins venue de Titalien, bien avant le xvi* siècle (exemple du xiv* s. dans Godefroy^ supplément». Bannière a donné le diminutif bannerole^ et, comme le dit H. Estienne : a banderole est bien la fille de bandière : « la bannerole d'une lance «> (Commyn^s, dans Lit,); « banderolle » dans Lsinoue {ibid), EsiendaH est, quoi qu'en pense Estienne, aussi ancien que bannière] il est dans la Chanson de Roland. De guidon^Lil, donne un exemple du x\'^ siècle ; c'est proprement ce qui sert de guide. Le mot est venu de l'italien guidohe et a remplacé le vieux français guion (v. Dic(. gén,)^
Cornette a trois significations aussi bien qu enseigne, u Car cornette, ce ^n'est pas seulement ceste pièce de taffetas qui sert d'enseigne ; mais aussi la troupe de gens de cheval qui marche sous ceste cornette, c'est-à-dire sous celuy qui la porte, est appelée cornette. Plus, comme enseigne se dit pour portenseigne, ainsi cornette pour portecornette ». Henri Estienne insiste sur l'origine de la métaphore qui est analogue à celle de drapeau ; c'est la cornette « que les docteurs, tant légistes que médecins sou lovent porter... par dessus le colet de leurs robbes, estant comme une marque de leur degré » ; c'est celte cornette « qu'a voulu imiter celle qui se porte en guerre au bout d'une lance ^ ». Mais ici, le développement du sens a été purement français. En italien, cornetia désignait aussi l'enseigne d'une compagnie de cavalerie et de même corneia en espagnol ^, Il est vraisemblable que ce sont des emprunts faits à notre langue.
Parmi les mots de guerre influencés, citons encore faction *. Estienne dit justement que le mot a été emprunté au latin ^; mais au sens nouveau et militaire qu'il signale : « faire faction^ pour faire quelque exploict de guerre », ou encore : u faire la garde », nous croyons, quoiqu'il ne Tait pas dit, à un italianisme : « fazione, per fatto, e particolarmente d'arme » dit Alberti qui cite des textes du xvi^ siècle; « commandare i vassalli alla tal fazione » (Agnolo Firenzuola); « non costretti ad alcuna sorte di fazion personale » [Raccolta di bandi^ editti, etc., xvi® siècle).
De même : « un homme factieux , pour un homme d'entreprise; vray est qu'il se dit aussi hors la guerre ^. » Cette expression est italienne : « uomo o gente da fazione » (atta al combattere...) V. les textes cités par Alberti. Cf. le sens de faziosOy chef de parti.