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3iO H. ESTIENNE GRAMMAIRTEN FRANÇAIS
nière appellation, vers la tïn du règne de Henri II, lorsqu^on négocia la paix avec l'Espagne (1559), à Timitation des secrétaires d'Etat espagnols ^ .
D'autre part, Estienne a critiqué cette expression employée par Du Bellay : « Testât du pape » et il a mis en note : « Testât à la façon d*Italie, pour le pays, la dition : italianizme; il pouvoit dire : quant au pays du pape^. » La note est assez explicite. C*est qu'en effet, élat^ au sens de pays gouverné, gouvernement, n'apparaît qu'au xvi* siècle' : « affaires d'estat » dit Montaigne (dans Lit,) ; « tout cela se peut appeler faire un estât dans Testât » (d'Aubigné, ibid.). Or l'italien sUtto avait depuis longtemps le sens de dominio^ signoriAy potenza ; La Crusca en donne des exemples très frappants, et du xui^ siècle. L'Italie avait aussi ses secrétaires d'état.
Ainsi se confondent sur ce mot, comme sur beaucoup d'autres, les deux influences de l'Espagne et de l'Italie ; la prépondérance restant toutefois, pour les raisons historiques que nous savons, à l'influence italienne.
Ces mots : négocier^ traiter les affaires du roi, des princes, de l'état, d'où négociateur^ négociation^ sans être nouveaux, sont plus usités qu'autrefois ^.
Ces mots sont au xiv^ siècle dans Oresme (v. Lit. et Du Cange) au sens de « marchander, marchand, gaing par marchandise ». Il faut admettre ici Tinfluence italienne de negoziare « il trattare, che fanno i Principi le cose di stato » (Crusca), de negoziatore et negoziazione pris dans le sens diplomatique (v. Alb.)
Ambasseur et ambassee^ qui étaient de la vieille langue, avaient cédé la place dès le xv® siècle à ambassadeur et ambassade^, venus de l'italien ambasciatore et ambasciata, Estienne ne rappelle pas ces mots très usités de son temps, mais il cite agents pris à l'italien, pour désigner « celui qui est envoyé à un prince qui est moins que roi ^. Il ajoute que ceux « qui négocient pour le roy sont
1. Rtcherchts, VIII, chap. 73. Chëruel cite rordonnance antérieure de Henri II* en 1547. {Dict, de» Instit,, t. II, p. 794.)