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LE LANGAGE DE LA COLR ET DES MŒURS

aussi appelez minisires du roy ^ » ; mot évidemment très français, mais qui dans ce sens particulier est peut-être une imitation de Texpression qui lui correspond en italien.

Nous avons parlé des seigneurs^ et nous retrouverons plus loin les serviteurs^ qui furent appelés aussi les créatures^ expression purement italienne. « Un tel est créature d'un tel seigneur >» dit-on <c pour donner à entendre qu'il a esté avancé en biens et en honneurs ^ » par ce seigneur. Estienne pense que « le mot a esté premièrement dict à Romme des Cardinaux : Tun estre créature d*un tel pape, lautre d'un tel^. » Quoi qu'il en soit, le mot était appliqué en Italie aussi bien aux protégés des princes qu'à ceux du pape. H 11 Re di Navarra ch' era creatura del Re d'Inghilterra » (Matteo Villani *). « Je suis vostre créature, tout le bien et llionneur que j'ay viennent de vous » (Marg. de Navarre^).

Courtisan et son groupe, courtisane^ courtisanesque^ arrivés de Titalien, se sont rencontrés avec le groupe de courtois et courtoisie qui appartenaient à l'ancienne langue.

Courtoisie est prononcé par Philausone courtesie, à Titalienne [cortesia^). Discourtois et discourtoisie apparaissent au xv* siècle sous l'influence de ritalien discoriese^ discoriesia (v. Dict, gén.) Philausone italianise davantage en prononçant discorlesie'* , Brantôme emploie discourtoisemeni (lex. Lalanne).

Estienne a noté dans Du Bellay : « courtiser un banquier*. » Le vieux français avait courloier^ qui signifiait proprement être à la cour du prince; courtiser, c'est « faire la cour à quelqu'un' ». C'est là une dérivation purement française dont on peut rapprocher, mais seulement par Tanalogie de l'idée, l'italien corteggiare : faire la cour. Courtisaner^ venu directement de courtisan^ emporte une idée tout à fait méprisante.

1. DiaZ., I, 335; je ne trouve rien de précis à ce sujet dans le dict. de Chéniel. V. rarlicle ministre. U semble qu'on ait appelé indifTéreniment ministres les secrétaires d*Etat, comme Nicolas de Neuville, seigneur de Villeroy, qui remplit ces fonctions successivement sous Charles IX, Henri III et Henri IV et qui négocia la paix de Vervins. Cf. « questi signori ministri di sua niajcsl ». (Lettres de G. del la Casa, cité par AlbeKi.^

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