‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 354 sur 533 · Conform., 9t · texte numérisé non relu

Conform., 9t

Eslienne forge sans doute lui-même le dérivé courlisanisme qu*il emploie ironiquement * , Pasquier cite courlisanerie et couriisanie *.

Rob. Ësticnne donne « courtisan, aulicus^ ». Le mot est une traduction du corligiano (ou corteggiano) des Italiens, mais faite sur le type de courlisery auquel il faut aussi rattacher courlisien et courtissain qui se rencontrent antérieurement^.

Le dérivé courtisanesque vient directement de cortigianesco : « vos beaux conseils courtisanesques » dit Villeroi [Mém.^ dans Lit.), Eslienne dit plusieurs fois : « la langue courtisanesque'. n

Courtisane représente de la même façon coriigiana (courtisienne se rencontre en 1500, 1)icl,gén,] Mais Estienne constate que « courtisane en langage françois ne se prend qu*en mauvaise part », tandis qu'en italien le mot avait les deux sens : 1^ dame de la cour ou « femme du courtisan »; 2° uRlIe joyeuse ». Les courtisanes de cette sorte ne le sont pas seulement à la romaine, mais aussi « à la Vénitienne* », celles qui^ suivant le mot de Du Bellay, « se sont de la court Thonneste nom donné'. »

Dans la pièce qu*il a intitulée la vieille courtisane^ Du Bellay s'est ingénieusement appliqué à décrire par des termes précis et techniques Tameublement et la toilette de la courtisane romaine^. Mais cette fois il oubliait de parler français ; aussi comprend-on la stupéfaction de Henri Es tienne devant ces quatre vers :

Les scoilions, et les chaisnes encor, Gands parfumez, robbes et pianelles, Garnels, bourats, chamarres, caparelles, Licts de parade, et corames dorez'** I

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