‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 358 sur 533 · LE LANGAGE DE LA COUR ET DES MŒURS · texte numérisé non relu

LE LANGAGE DE LA COUR ET DES MŒURS

Dici, gén,) et assasinenr (Rabelais, ibid.) qui dérive de assassiner (âssasinare).

Bouffon : « bofone^ un plaisanteûr * » ; exemples de Maroi et Du Bellay dans Littré. — Bouffonner [buffonare] est employé au sens propre par Du Bellay :

Allons voir Marc-Antoine ou Zany bouffonner Avec son magnifique à la Vénitienne ';

Xoik bouffonnerie (texte de 1539 dans Delboulle, cité par le Dicl. gén.).

c( On a fait venir d'Italie bal, baller, et balladin » avec son féminin balladine '. Il est certain qu'Estienne se trompe pour bal et baller, puisque la vieille langue avait ces mots ; toutefois il est vraisemblable que si bal 1er a remplacé danser dans le langage de la cour *, ç*a été sous rinfluence de Tilalien ballare. D'autre part, baladin se trouve en provençal ' ; et ritalien n'a que ballarino (ou dans le même sens ballatore) et non balladino, forme que hasarde Estienne, sans en être sûr. Baladin dans Marot [Dict, gén.) et dans Amyot {Lit,),

Charlatan *, ital. ciarlatano : c'est proprement celui qui essaye d'abuser le monde par de vaines paroles {ciarlatore et ciarlone, même sens, de ciarlare^ bavarder]. Venuti donne le sens spécial de a circulator, qui déclame sur un banc^ » ; « ces charlatans, triacleurs et basteleurs, joueurs de passe-passe » (Amyot, dans Lit.). Estienne cite le dérivé charlataner.

Faquin^ <c faquin de Venise' » : c'est le sens propre de Tital. facchino, portefaix, comme aussi dans ce passage : « quel avantage pourroit avoir le gentilhomme par dessus un artisan, voire un povre faquin ou faquinet' ». Le sens propre est aussi chez Rabelais {Lit.) et encore dans le Roman comique de Scarron [ibid.). Le sens figuré et méprisant qu'Estienne donne au mot est aujourd'hui le seul qui soit français'®.

Pédant, au sens de « magister », avait reçu dès le principe une acception assez défavorable : « pédant tout croté (j'enten pédant en sa propre signification, et non pas comme ils en usent par dérision ^^ ». On disait des « pédans» pour « des scholarès, desclericus*' » et

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