‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 361 sur 533 · Ibid., Il, no · texte numérisé non relu

Ibid., Il, no

« estre fier » (C. Oudin); bravade^ tiré directement de hravala, au sens de défi dans Amyot, de prouesses dans Lacroix du Maine (Lii.]. Le sens péjoratif apparaît dans Montaigne : « les bravades de cet ennemi vaincu » (Liï.) ; bravache de bravaccioy fanfaron, employé comme tel par Montluc et par Brantôme; braverie^ au sens de défi, de fierté représente l'ital. braven'a. Mais braverie et braver développent en plus le sens de somptuosité dans les vêtements qui se retrouve encore au xvii* siècle.

Garbe \ substantif masc, qui a de la grâce, qui est du bel air : garbo. Déjà le vulgaire des courtisans prononçait ^a/ibe, qui est resté dans le langage des arts pour signifier la grâce d'un contour ou Télégance i^'pique d*une figure. Encore ce sensa-t-il été pris directement à l'italien (v. Vasari, vile de' pitiorij dans Alb.). Garbe est dans Ronsard et Montaigne (Lit. : courtisans jfar/^e^ [garbali]^.

Leg g îad rement « pour gentillement^ »; leggiadre, leggiadresse* ; (ital. leggiadro^ gracieux, élégant, leggiadria). C'est un des italianismes les plus fréquents au xvi® siècle.

Signalé^, « gentilshommes signalés », c'est-à-dire de marque; ital. segnalalo. Philausone prononce segnalé ; même forme dans Belleforest. Epislres des Princes, préface; v. Lanoue et d'Aubigné dans Lit,, qui ne donne pas d'exemple de signaler antérieur au xvi* siècle ; mais il y a lieu d'admettre pour le verbe l'influence de signal ou seignaL xui® siècle.

Ont été seulement influencés par l'italien :

Galanterie et gentilesse^, tous deux italianisés, dit Estienne, au sens de manière de faire gracieuse, chose jolie. « Galanieria : bel modo, gentilezza nel tratto e nel procedere » (Alberti, qui cite Varchi). D'ailleurs gentilezza avait aussi dans la langue classique, par exemple chez Boccace (Alunno), le sens de noblesse (du sang ou du cœur) qu'avait également gentillesse en ancien français. Les autres sens de galanterie (vaillance, joyeuse vie, empressement auprès des femmes) usités au xvi* siècle sont purement français (cf. galant),

A ce groupe se rattachent d'autres termes plus ou moins indépendants de l'influence italienne :

Parade semble avoir été emprunté directement de l'espagnol parada, terme de manège désignant l'arrêt du cheval, par suite manœuvre dans le carrousel, enfin revue militaire. Mais il faut noter que le sens dérivé de pompe, d'ostentation n'est point en espagnol. Il y a donc lieu d'admettre

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