Dial., I
II. Le Roux de Lincy, Prov.^ t. I, p. 289. 13. PrécelL, 113. Cf. Conform,, 43.
350 * H. ESTIENXE GRAMMAIRIEN FRANÇAIS
pralico in simile osercizio (DinoCompagni). Il est difficile de se prononcer.
Mais, avec des mois français, voici certainement une expression italianisée : c'est un homme de service^ c'est-à-dire c< bien rompu aux aflaires, connaissant maintes ruses, principalement courtisanesques », « gens de service qui peuvent passer partout * ». Il en est de même de faire service et de ce mot de serviteur qui « trotte maintenant » partout^ ; a un son servUor » dit ironiquement Du Bellay. Estienne écrit en marge : « je vous suis serviteur^ ». Tout cela venait de Tltalie : « discretissime persone in cosi fatti servigi manda »; « se ad ogni suo servigio, quantunque poco potesse, offerse )> (Boccace, dans Alunno];« per mostrarsi bene liberalissimo suo servidore » [ibid.)^ etc.*.
Reprenons, à ce propos, l'histoire du mot office qui, tout en signifiant devoir^ comme en latin, a reçu de l'italien le sens particulier de service que Von rend'^.
Une autre preuve qu*il ne faut pas attribuer uniquement ce néologisme à la traduction de Doïet (1542), c'est qu'il apparaît chez Rabelais, dans le Gargantua publié en 1535 : « toutes ofTîces d'amitié » (1,5, dans Lit,), Plus tard le mot est adopté par des écrivains qui l'emploient au sens de service : «lesquels pourceste olFice luy scroient amis » (Amyot, dans Lit,). « j'en veois envers qui c'est temps perdu d'employer un long soing de bons oflîces (Montaigne, ihid.), » Mais l'emploi du mot dans le langage affecté de la cour tient à l'influence italienne. « Ufïicio del servitore verso il patrone » [Civil conversatione, p. 425) ; « far buono uflîcio : cooperare in favorc (G. Cecchi, // Corredoj xvi** dans Alberti). « Vedrà, che coslor fanno un mal ufficio. » (Berni Oriando^ dans Alb.). Cf. « vous avez fait un mauvais ofTice... au lieu de dire : vous vous estes mal employé^. » Officieux et officieusement peuvent être considérés comme tirés directement de ritalien : « Maison de grand abord, et officieuse à chascun » (Montaigne dans Lit.); « luy les saluoit assez officieusement » (Des Accords, ibid,). « Era officioso negli amici » (Segretario Fiorentîno, Storie xvi* siècle dans Alberti). « Rendendomi certo, che non mancherete d'alcuno ufficio debito e necessario per sodisfare à la vostra nobile, et ufficiosa natura... » (Lettere di B. Tasso, p. 310).