‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 394 sur 533 · ibid · texte numérisé non relu

ibid

9. V. le passage cité dans notre 1" partie, p. 161 et note 4.

10. Précell.y 164. Ce passage cité par Eslirnne a éU souligné dans le volume de Lyon, p. 833. Épltre & Jean Morel, devant la traduction du IV* livre de V Enéide (Martyr Uv., 1, 33t\

376 II. RSTIENNE GRAMMAIBIEN FRANÇAIS

mais il rejette \e ciel porte flambeaux de DuBartas, parce que ce composé est terminé par un pluriel, et il pose ce principe qu« 'il faut user plustost de composez qui ayent au bout le nombre singulier* », surtout quand les mots sont déjà longs par eux-mêmes. Car si le composé se termine par un monosyllabe : portefleurs^ porte fruitn, portegrains, le pluriel n'empêchera pas la composition d'être trouvée douce et plaisante à Toreille^. Cette remarque s'explique par ce fait qu'au XYi** siècle Vs, signe du pluriel, était sonore devant une pause, au moins dans le discours soutenu et dans la récitation des vers'.

A vrai dire, Estienne ne donne ici ni principe très certain ni règle absolue. Le choix du composé est affaire d'oreille et de goût! « De ma part, je suis d'opinion que quelquesfois, selon les endroits, le monosyllabe ha meilleure grâce au bout d'un mot composé que le dissyllabe, et le dissyllabe que le trisyllabe^ ». Guidenef lui plait mieux que guidenavire, mais il préfère portelyre à portelut. Si en lisant Du Bellay, pié-sonnant lui a peut-être moins souri ^, il a certainement admiré yl/>o/fo/i le loingtirant^ et : au sein de la Toutemère^ car il a écrit en marge la traduction grecque : « ïrxfiokz^^ Y^ -îrapLjjL/jTwp ** ».

Au point de vue de la forme, les composés se rangent sous les catégories suivantes :

Adjectif juxtaposé à un autre adjectif ou à un substantifs ou encore deux substantifs juxtaposés. — Chice-vilain^ ^ chice-face^^ qui appartiennent à la langue populaire ;/)A/}{er^yoiirnau/x*, composé de la langue courante, t lejoiirna/, ou />a/>ier-yottr/ia/,diurnum,ephemeris » (Fr.-lal.i; (v. exemples d'Amyol et de Montaigne, dans Lit,) ; « et de sage-sçavant mériteras le nom*". »

1. Précell.y 165. Du Bartas repondit à la critique (TEsticnne dans son avertisgemenl Mur la /'* et la i' Sepmaine. « Mais il les faut, diras-tu, semer avec la main, non avec le sac ou la corbeille ? je confesse qu'en ma première Sepmaine ils (ces mots composés) sont fort espais, et que bien souvent on en lit sept ou huit à la file. » Et il invoque pour s'excuser la |n*andeur de son sujet : « un epithete composé m'cspargne tout un vei's et quelquefois mcsme deux ». Mais en la 2* Sepmaine « d'autant que Paricii ment ne Vy convioit point », il en a usé plus sobivment. V. Lanusse, ouvr. cité, p. 159 et suiv. Cf. Pellissier, p. 185 cl suiv.

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