ibid
10. Ibid., 235. Encore le mot, dans ce sens, a-t-il etc employé par Marot, par Calvin et pai* Amyot (v. Lit).
382 IK ESTIENr^E GRAMMAIRIEN FRANÇAIS
morer * ; soûlas signifiant esbatement ^ ; encombrer « encore moins en usage que le nom encombrier ^» »
Par contre, certains mots que nous serions tentés d'inscrire dans le domaine oublié du vieux français étaient encore vivants au XVI* siècle :
Baraly encore usité dans la lQ<cution « il n*y a ne fraude ne barat K ausmonierey pour signifier « la boursette » des femmes^ ; ancelle^ pour servante, qui « n'est pas tant hors d'usage' » ; gaber^ « encore aujourd'hui en usage en quelques lieux » (plus dialectal, à vrai dire, que français), u comme aussi gabeur^ plustost que gabs^ au lieu duquel on use plus volontiers de gaberie^. »
Dans Du Bellay, Estienne a relevé encore des mots comme achoison, qu'il déclare vieux : « olim pour occasion'^ » , employé par Marot et Amyot ; occasion (qui apparaît dès le x\'^ siècle) est préféré par les écrivains de la seconde moitié du xvi^^; rancueur : a semeiosai pour rancune *. » Les deux formes appartiennent également au vieux français mais rancœur reparaît dans Malherbe, dans Régnier*® et reste dans la langue poétique.
Ajoutons que la langue changeait sous les yeux mêmes d'Estienne ; ce qui était démodé au moment où il prenait ses notes, avait peutêtre été plus usité au temps où J. Du Bellay écrivait. Nous assistons ainsi à la fuite rapide de ce vieux langage qui cédait la place à la langue de la fin dû siècle, déjà plus rapprochée de nous, surtout par son lexique.
C'est ainsi qu' Estienne souligne des formes verbales comme u espouse amee ^* »; « de vous esclave se ireuve*^ »; « douter le danger » pour redouter ^^ ; « elT cuidera ainçois" ». N'est-il pas plus étonnant qu'il ait
1. Précell., 71 et 266. E^l. rcconnail aussi que le mol est dialectal.