Pritn.f p. 99. Même explication dans Nicot
7. Cf. les Apophtegmûta grtecu, de 1568 (recueil de reparties et d'anecdotes plutôt que de sentences), les Comicorum grsecorum sente niiœ^ traduites en vers latins, de 1569, les Virtutum encomia de 1573, les P»rodise momlegf de 1575 ^V. Renouard, i4iiii).
S. • Adàgiornm chiliudes quatuor... Des. Erasmi /2o<erocfami\ Oliva Rob. Stephani, 1558 • in-f^. Érasme indique toutes ses sources, et les indices de cette édition la rendent particulièrement commode. Les animadversiones de H. Eslienne sont à la fin du volume, p. 1136.
39f H. ESTIENNE GRAMMAIRIEN FRANÇAIS
Qu'il fût permis aux écrivains français de tirer parti de ee trésor des sentences grecques et latines, Estienne le pensait, sans nul doute. « Nostre langue... tous les jours... en prend des Grecs et des Latins », elle se les approprie si bien qu'elles « peuvent sembler estre de son creu », comme en ce vers :
Qui se sert de la lampe, au moins de Thaile y meV,
Dans la Precellence, il rapporte soixante proverbes français qui répondent à ceux des Grecs ou des Latins, ou bien à tous deux ^, et il en conclut que « nous n'avons pas seulement des proverbes qui nous sont peculiers"^ ». Il semble qu'ici Estienne n'a pas assez nettement distingué la forme du fond , l'image de l'idée. Il est clair qu'outre les proverbes pris directement par traduction aux langues anciennes, le français en possède qui expriment simplement, et sous ime forme abstraite, une vérité morale, im fait d'expérience; il est naturel que ceux-ci se retrouvent dans les deux littératures classiques : « Nul bien sans peine. Chacun quiert son semblable. Vertu gist au milieu^ etc. ^. » Mais des soixante proverbes qu'Estienne rapproche du grec ou du latin, ce n'est en somme que le petit nombre qui ait ce caractère général, abstrait, et, par suite, impersonnel. Tous les autres expriment Tidée morale sous une forme très concrète. Ils valent par la métaphore qui, pour la plupart, est propre au français. Les métaphores grecques ou latines, quand elles sont sensibles, étant différentes, nous sommes donc en droit de conclure, quoi qu'en dise Estienne, que ces proverbes nous sont particuliers : w Du diable vint^ au diable retourna^ » cela n'a qu'un rapport d'idée avec le « Maie parla maie dilabuntur ». Ce sont deux proverbes différents, et en voici un troisième, encore qu'il signifie même chose : « Ce qui est venu de pille pille y s'en rêva de tire tire ^. »
On a fait remarquer que l'école de la Pléiade, dans son dédain de la vulgarité, avait rejeté le langage proverbial^. A vrai dire, Ronsard et Du Bellay ne condamnent pas expressément, dans leurs
1. Précell.^ 247. V. Adstges d*Érasme,p. 965:« Qui lucerna egent, infundunioleum », proverbe grec tiré de Plularque : o! tou Xùyiyofj XP^^*^ «X^vre;, sXaiov iiziy éwiuvi^,