‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 421 sur 533 · PrécelL, p. 209 et · texte numérisé non relu

PrécelL, p. 209 et

398 H. ËSTIËNNE GRAMMAlRil:;X FRANÇAIS

rie*. D'autres ont été tirés, suivant Estienna,^ des fables d^Esope i< que nos prédécesseurs lisoient fort curieusemeqt , ce qui a été cause de les faire mettre en vers par plusieurs^. wL'infk^ence de ces traductions de fables ésopiques, il la signalait aussi dans X^Apologie^ en rappelant l'expression : « du temps que les bestes parloyeni^. » De ces deux passages il ressort qu'Estienne n'a pas fait seulement allusion aux premières traductions imprimées vers la fin du XV® siècle, mais bien aussi aux Isopets du moyen âge^. Mais voici qui est plus explicite : il observe que le nombre de ces proverbes ésopiques a dû être beaucoup plus grand que « ce qui nous en reste ^ ». En fait^ les Isopets ont agi sur la langue proverbiale au même titre que les Distiques de Caton • ou les Dits des philosophes'^ .

Estienne cite lui-même d'anciens proverbes sur le goupil et sur le loup (ou le leu) : « A goupil endormi ne chet rien en la gueule • » « En tel pel com naiêt, li leups morir, Vescueut ^ », et il ajoute qu^en se servant des proverbes ésopiques « nos ancestres » en ont fait une application nouvelle aux usages el aux idées de leur temps ^® : a A la fin sera le renard moine ». — « Le loup alla a Homme ^ et y laissa de son poil, et rien de ses couslumes. » C'est, dit Estienne, « une sentence sous une fiction aesopique, c'est-à-dire qui sent la façon d'yËsope*' ». D'autre part, voici bien une allusion directe à la fable antique : <t Ainsi dit le renard des meures j quand il ny put advenir ^^, » Dans ses remarques sur les Adages d'Erasme, H. Estienne cite en latin le mot du renard : <t Les raisins sont trop verts, > mais en ajoutant que c'est une locution française *'. — Certains de ces proverbes « allégoriques » sont, en effet, des

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