TERMES DES ARTS £T MÉTIERS
Gènes, etc., velours cramoisi haute couleur, de Florence et de Lucques. Il nous avertit qu^il puise cette érudition dans une ordonnance royale « ou police » qui fixe les taux de ces marchandises * . Nous ne reviendrons pas ici sur ces termes qui se rapportent à la toilette des femmes, aux danses anciennes ou nouvelles, à la guerre et à la marine : nous en avons dit ce qui était essentiel dans les chapitres précédents. - La langue a tiré aussi des métaphores « d'aucuns jeux ». Estienne donne le premier lieu à celui de la paume« comme éminemment français, a témoin le grand nombre de tripots qui sont en ceste ville de Paris ^ ». De là sont venues ces expressions figurées :
« (Test à racler et £ bander : c'est sans rien espargner, c'est à faire du pis qu'on peut' ». Cf. d*Aubigné : « Vous et moi bandons sur le trait, pour venir à cette grande bataille des trois rois » — « Je ne veux psta courir après m4>n esteuf^ je ne me veux pas arrester à une chose incertaine^. » Cf. Commynes : « Le duc de Bourgogne se mit encore après son esteuf, et à remettre le siège devant Nancy » u Marquez bien ceste chasse : prenez bien garde à ce poinct duquel je vousadverti » (lâchasse de la balle).» — w // pense faire de moy son naquel^ vous me faites naqueter après vous '. » Rob. Est. donne ces mots saQs autre explication ; le naquel^ c'était le garçon chargé de ramasser les balles. « Les autres poètes ne sont que naquets de ce brave Virgile. » (Ronsard) ; « ils naquettent le tyran » (I^ Boétie*.) Estienne écrit lui-même : « Il nous a fallu jouer encores ao rabbal'' », c'est-à-dire en rabattre. I^'expression appartient à la fois au jeu de paume : « rabat se dit aussi du toit d'un jeu de paume qui rejette et répercute la balle » (Furetière); au jeu de quilles : a le coup qu'on joue en revenant » (ibid,)^ et à l'escrime « quand on pare des coups d'estocade ». {ibid.).
Revenons aux arts et métiers^. Estienne fait toute une monographie sur les termes propres et figurés du langage de la monnaie^ :
1. DUl.y I, 259, « ordonnance du 21 nov. 1577 » (note de M. Risteihubcr).