L. GLéMB:(T. — Henri Estienne
402 U. ESTIENNË GRAMMAIRIEN FRANÇAIS
Il explique : 1^ les parties différenles de ce métier ou « manifacture i : billon^ Alloy, grenaille, culasse^ etc., batlre^ flattirj elizer^ rechausser, bouer; quarreaux flaons^ blanchis, croisez, marquez^ etc.; 2® les noms des matières et des instruments : creuset (commun à d'autres métiers)^ eschope (d'où eschopelure), cippeau, coupelle, etc.; 3® le loyer des ouvriers et le droit du prince ; traite, seigneuriage,'monnoyage, brassage; 4* certains termes, comme moufle, brève, différent, légende^ une pièce poictreuse (au lieu de poictrineuse).
De ce métier proviennent ces façons de parler proverbiales : Cela est de mise, qu'on emploie plutôt négativement, quand on dit : ce propos nest pas de mise, — On dit d'un homme qu'i7 est fin à dorer, locution que les ignorants transforment en un fin adoré, ou au contraire, qu*il est descrié comme la vieille monnoye. Autres proverbes : // est des bons, il est marqué à l'A ; car la monnaie faite à Paris est marquée d'un A (c'est le différent). Il a baillé un soufflet au roy, pour désigner, en termes cou> verts, un faux monnayeur * .
Sur la falsification des monnaies, voyez encore dans V Apologie un passage intéressant pour la langue. Estienne cite ce proverbe « fort commun à Paris : // est de bas or, il craind la touche^ ». « Si les pièces sont trop subtilement falsifiées (comme les Portugaloises), il les faut buriner ou fondre. — Les plus grands escus au soleil, et qui ont toute la lettre, sont souvent les plus légers, par l'industrie de ceux qui leur ont faict passer leur quinte essence dedans Peau' ».
C'est avec raison qu'Ëstienne accorde de Timportance au langage de la vénerie et de la fauconnerie^. « Il n*est rien, disait Montaigne, qu'on ne feist du jargon de nos chasses, qui est un généreux terrein à emprunter^. »
La fauconnerie, « qu'on a aussi appelée la volerie^ », est un art qui de toute antiquité^ a été pratiqué et honoré en France : témoins Ceux qui en ont écrit, le seigneur Gaston, surnommé Phébus, Gaces de la Vigne et Jean des Franchières'^. Estienne insiste ici sur les emplois métaphoriques qui sont de la langue courante.