Prém., 195 el
8. Pr<fcc/r, 127-128. Tous ces mois, sauf /rie«^?), se trouvent expliqués dan» Rob. Est (Kr. latin.) . — « La curée ou cuirie : quand après avoir prins le cerf, on prend le sang et du pain trempe dcdens, el le met on sur la peau du cerf, et fait on manger ce pain aux chiens. » — n La fouaille d'un sanglier, A cause qu'elle se fait sur le fœu. » (Das.-lal. focale).
9. Ronsard^ I, 25 i ; v. le lexique de M. Mellerio au mot vénerie.
10. Pasquier^ lettres, t. I, p. 107, à M. de Querquisinien ; lettre intéressante où Pasquier recommande à son tour aux écrivains le langage des professions. ilec^ercheSf livre I, chap. l, p. 4.
Tentative de H. Estienne pour sauver les mots expressifs de la langue populaire, tout en Tcpurant et en la ramenant au langage familier des honnêtes gens. — Richesse métaphorique de la langue populaire ; exemples de figures; variété de la synonymie; locutions proverbiales reposant sur la similitude ou allégorie. — Dans quelle mesure la langue de notre écrivain s'accorde sur ce point avec sa doctrine. H. Estienne est très éloigné de la liberté de Rabelais ; il rejette Targot, le burlesque et tous les jargons.
Henri Estienne n'a pas manqué de défendre la langue populaire contre le dédain des lettrés ou des courtisans. 11 n'admettait pas qu*un mot fût considéré comme vil et roturier^ simplement parce que le commun peuple en usait. Il estime pieça^ quoiqu'il soit en la bouche (c du populasse ». Les disputes touchant les degrés de noblesse entre les mots lui paraissent joyeuses : « Mais quelle « pitié sera-ce si nous voulons bannir autant de mots que nous <c trouverons estre en usage entre le populaire ; et principalement (c quand il n'y en a point d'autres ou pour le moins de si propres? « il est certain que c'est le vray moyen de faire nostre langage « belitre et coquin : car quand il aura perdu le sien, ne sera-t-il « pas force qu'il coquine l'autruy*? » Il dit encore « qu'avant de sortir de nostre pays... nous devrions faire nostre prouflit de tous les mots et toutes les façons de parler que nous y trouvons, sans reprocher les uns aux autres : ce mot-là sent sa bouillie, ce mot-là sent sa rave, ce mot-là sent sa place Maubert*. » Voilà qui est assez clair : Estienne ne veut pas laisser perdre les mots expressifs et souvent nécessaires de la langue populaire, et luimême, en écrivant, puise à cette source abondante.
Mais, par contre, il se refuse à recevoir pour correct et bon français tout ce qui traîne dans la rue, « les expressions propres à la lie du peuple^, » ce qui appartient au dialecte parisien, ou seulement à telle catégorie de personnes, aux gens d'un métier ou d'un quartier; par exemple : frétons et tretant^\ nani et nanin (pour non);