Ibid.^ p. 32 (préface
3. Hyp.j p. 310. N Ea qua* Parisiis, aut alibi, vul^us tantum et quidem ipsa potissimum fœx plebis in ore habet. »
4. Comme le remarque H. Estienne, c'est ici la particule augrmentalivc : iréi.
406 H. EHTIENNE fiRAMMAIRtEN FRANÇAIS
illeques] cest mon. pour dire oui^ pour approuver*, ou encore : tout fin neuf^ et : tout fin clinquant neup. Les marchands de la rue Saint-Denis disent par admiration : « Mais aga^ qu est-ce à dire cela^J^ » Ainsin (pour ainsi) est un mot « qui semble tenir un peu de la badauderie'* ». Les courtisans remploient, et ce n*est pas le seul mot qu'ils prennent au parler parisien.
Ailleurs, Estienne omet volontairement « les manières de parler qui sentent trop leur populace ou leur menu peuple^ ». Rappelonsnous qu'il a blâmé énergiquement la tentative originale de Sébastien Castellion de traduire la Bible dans la langue du peuple^. Et sans doute les mots de gueux convenaient au livre sacré moins qu'à toute autre œuvre littéraire. Mais faire carous pour boire d'autant^ ou : faire la figue pour se moquer^ lui semblaient des grossièretés indignes du langage des honnêtes gens.
Estienne fait donc un choix dans le parler populaire; il le corrige et il Tépure. C'est ainsi qu'il distingue dans son traité sur la latinité' suspecte pour le latin comme pour le français, le style noble, grave, qui convient aux genres sérieux ou élevés, et le ton simple et familier qui est celui de la conversation. S'il rejette ce qui est bas et grossier , il est encore plus dégoûté de ce qui est affecté ou bizarre ; il fuit les traits subtils, ce qu'il nomme le pindarisme des courtisans ''. Il a le goût large, et ne craindra pas d'user d'expressions comme celles-ci : a Je ne voudrais
1. Ce terme afOrmatif se retrouve dans l'expression composée qui était française : A sçavoir mon 8i..,Apol.y I, 56, 82; II, 218, et Conform., 215.
2. Hyp.^ 210 et 211. Ce qui fait ici le caractère dialectal de la locution, ce n'est pas, comme le dit Estienne, l'emploi de tout^ qui est d'un emploi courant dans la lan^e, mais la juxtaposition des adjectifs et surtout la valeur qui leur est donnée.