II. RSTIENiNE ClRAMXAlHIt:» FRA^QAIR
La doclrine grammalicalc de H. Eslicnnc.d'apn'ssea remarques sur la syntaxe. — EFFort tent^ par Meigret et par d'autres pour se dégnger des déCoitioDS tle la grammaire latine; inrériorité de H. Estleane sur ce point. -~ Ses fausses théories sur la déclinaison, sur le genre neutre, sur l'ellipse; par contre, il a démêlé des faits de syoteie tr6s importants. — Exemples justificatifs. — Préférence tliéorique d'Estienne pour une construction régulière et analytique ; l'écrivain a été ici en désaccord avec le grammairien.
S) H. Esticnne a singulièrement dépassé les traités modestes mais utiles de Robert et de Charles Estienne. il prenait cependant plaisir à le.s rappeler'. Il ne doutait pas que les erreurs qui s'étaient glissées dans la grammaire française de 1557, et qu'il a été obli^ de corriger, son père ne les eût fait disparaître, s'il avait eu le temps de reprendre son travail. Certes Robert ne s'était pas fait faute de prendre beaucoup à Meigret, et il avait reproduit presque textuellement le traité étymologique de Dubois. Mais il était loin de dissimuler ses dettes, et il citait le nom de ces deux auteurs dans sa préface. Ne lui i^prochons pas trop sévèrement ce manque d'originalité^, si, comme nous venons de l'indiquer, Rob. Estienne voulait, avant tout, donner à sa grammaire un caractère d'utilité toute pratique.
D'ailleurs, quand on lit à ta suite les grammairiens du xvi* siècle, et qu'on les rapproche, on est frappé de voir reparaître les mêmes déSntions. Ce n'est pas à dire qu'il n'y ait parmi eux des esprits originaux et inventifs, comme Louis Meigret, comme Ramus luimême, ou comme Henri Estienne. Mais il est un fait, c'est que la théorie des parties du discours, ils l'ont empruntée aux grammairiens latins qu'ils avaient pris comme modèles^; « J'ai dressé ces règles, dit Meigret, suivant l'expérience que j'ay de notre langue et de son usage, à l'imitation de l'ordre que tient Priscian en la latine ' » ; « le tout mis par ordre et traicté à la manière des grammaires latines, n dit Rob. Estienne^. Et Henri Estienne : <• Je me