‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 467 sur 533 · L. Cléni&^it. — Henri Estienne · texte numérisé non relu

L. Cléni&^it. — Henri Estienne

431 11. ESTIENNE tiHAMMAIRlI^.N FRANÇAIS

Emploi des temps — Estienne a surtout insisté sur Femploi des temps du passé, et en particulier sur la diflTérence des deux « prétérits parfaicts ^ », pierre d'achoppement des étrangers qui ne manquent pas de prendre Tun pour Tautre.

IjC prétérit simple se rapporte toujours au passé : Pierre vinl à moy (l'autre jour); le prétérit composé tantôt au présent, tantôt à un passé indéterminé, mais plutôt au présent : Pierre est venu à moy (en ce jour). Ce qui est très incorrect, c'est de dire : Pierre vint ce matin vers moy^ et c'est une faute que commettent beaucoup d'étrangers et en particulier les Wallons *.

11 y a cependant des cas où le prétérit composé : fa,y faict se rapporte au même temps passé que le prétérit simple : je fei\ dans Taffirmative le premier prétérit est plus général que le second ; en la négative nous usons de tous les deux : je ne luy ay jamais faict plaisir, ou je ne luy fei jamais plaisir *.

A quel point le prétérit simple répond-il à l'aoriste grec? Estienne confesse que cette question est très obscure, et il la résoudra une autre fois ^! Mais plus loin, il rapproche de l'aoriste grec la valeur que prend le prétérit composé quand il marque un fait habituel : « si on le fasche^ il a anssitost donné un coup de dague » ; « celui qui obéit aux Dieux^ ils Vont anssitost exaucé '. »

Dans Du Bellay, Estienne a relevé un emploi qu'il considère comme fautif du prétérit simple* pour le présent : « Les vers me font aimer la douce liberté, etc.. Si donc j'en recueillis tant de profits divers, Demandcs-tu, Boucher, de quoy servent les vers? » Note marginale : « Corr. si j^en recueille donc », correction reportée sur le feuillet préliminaire du litre •,

Emploi des modes, — Estienne ne s'y arrête que pour relever les solécismes commis parle 4" grammairien ^ (^l)u Vivier). Dans Du Bellay, il a

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