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LA QUEsrroN DE l'ortiiogkaphe 4 il
sert du mot « quoiqu'il soit désapprouvé par la plupart )>, et cette orthographe est celle qui conserve les lettres muettes K
Outre les avantages qu'elles offrent d'indiquer l'origine du mot, elles servent encore à distinguer les homonymes et à supprimer toute équivoque ^.
Parfois, elles marquent la quantité : on écrira maslin (pour canis) et matin {mane) ^ jeusne [jejunium) et jeune [juvenis)^ pescher {piscari)^ pécher [peccare) : dans ces mots, Y s indique rallongement de la voyelle'.
Ailleurs l'écriture distingue entre des formes, comme veu [de votum) et vu (de video) ^ peu (adverbe) et pu (participe), je vois [video] et je vay {vado) *. Estienne semble tenir beaucoup à ces distinctions orthographiques : il y revient sans cesse, et en particulier dans son annotation de Du Bellay *. L'écriture empêche de confondre compte [computum)^ et comte [comitem] : or, la prononciation de ces deux mots est exactement la même *.
Au reste, Estienne n'admet pas certaines fantaisies qui n'ont rien à voir avec Tétymologie ; escripre est une mauvaise écriture ^. Inutile aussi d'être plus étymologiste que les Latins, et par exemple, d'écrire : obmettre^ omittere '. 11 est le premier à rejeter les surchages superflues : « on a renoncé à écrire presbtre : prestre est préférable. 11 est clair que tems vient de tempus et cors de corpus; inutile d'ajouter le p du latin. Autrefois cependant il était nécessaire de mettre une diflérence entre corps et cors, équivalent de cornet, qui est resté dans l'expression à cors et à cri • ».
Quant aux étrangers , Estienne pense que l'orthographe étymologique ne saurait les tromper que rarement. Pour les encourager, il leur donne des règles approximatives ; quand il y a quatre consonnes de suite, ils peuvent être sûrs qu'une au moins est muette : prehstrel et même de trois consonnes, le plus souvent, une est muette, surtout s, ^ />, c, ou d : lasche, tu ments, escripts, sainct, accords, Pense-t-il avoir tiré les étrangers d'embarras en leur apprenant que l'écriture distingue entre le mors [morsus), les morts [mortui] et tu mords [mordesY? *•
1. Hyp,, 84. Cf. 79 et sq. « De literis qutc interdum non pronuntiantur, atque ideo niut4e vocari possunt. »