Hyp
412 II. ESTIENNE r.RAMMAlRIEN FRANÇAIS
En somme, ces quelques cas mis à part, H. Estienne n'a pas de système arrêté. Comme tous les écrivains du xvi* siècle, il hésite sur récriture d'une foule de mots. Il imprime volontiers ha, (habet)^ pour le distinguer de a (préposition) ; mais lui-même n'observe pas toujours cette difTérence. Le désordre où les fantaisies de récriture étymologique laissaient la langue écrite était un argument puissant en faveur de Meigret.
Estienne dit que les gens du peuple n'ont que trop la tendance à supprimer certaines consonnes dans la prononciation comme r et / à la fin des mots; et quHl est donc utile de maintenir dans l'écriture les lettres qui les représentent. Mais a-t-il pensé à la réaction fâcheuse que l'écriture devait produire et produisait déjà peut-être sur la prononciation? Il dénonce lui-même TaiTectation des gens qui, en faisant « tinter leur voix, en pindarizant » faisaient sonner des lettres qui devaient rester muettes ^ . Ce tintement tenait sans doute, parfois, chez les courtisans, à l'imitation des Gascons ou des Italiens, ou simplement à la manie de se distinguer du commun. Il ne s'est que trop répandu de nos jours, et beaucoup sous rinfluence de la forme écrite.
La lan^c poétique. — Remarques faites par H. Estienne sur la versification de J. Du Bellay : 1® Construction du vers, coupes et inversions; 2» mesure du vers et quantité des syllabes, élision ; 3« les rimes ; leurs rapports avec la prononciation et Torthographe. — Le Quintil Horaiian et la critique d'Estienne.
Aux remarques précédentes sur la syntaxe, l'orthographe et la prononciation se rattachent par certains côtés les critiques de H. Estienne sur la versification de J. Du Bellay. Puisque d'ailleurs nous avons exposé les idées littéraires d'Estienne sur le style poétique ~, nous devons indiquer ici l'analyse plus grammaticale qu'il a faite de la langue des vers.
1® Construction du vers.
Notre lecteur a noté w le vers coupé quant au sens >» dans ce passage :
«... Encore ne void-on point