‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 482 sur 533 · Ibid.. 17 et · texte numérisé non relu

Ibid.. 17 et

6. Ici Estienne ne parle plus do quanliU^ ninisdt> la nature du son. Cf. ////p., p. li et t5 M minime tam compi^esso orc pronontiamus : hoc e vocarc apertum placet. »

448 II. ESTIENNE âRAMMAlHlEX FRANÇAIS

toujours l'écriture ; e est plus ouvert dans ieaie où st est rouet que dans peste où st est sonore ; professe et cesse peuvent rimer sur laisse et affaisse ; e dans ces deux mots s'écrirait donc mieux par ae ou par aP. Aussi Estienne reprend-il la rime de acquêt^ naquet, (Vol. de Lyon, 391, et f** prélim., I) : « mal rymez, et ce n'est assez de meltre comme remède un ê circonflexe. » Le son n'en reste pas moins différent entre les deux mots. 11 Test de même entre : délaisse et vieillesse (197) ; prestresse et presse (31^) ; hautesse et sabbaisse (791). La différence est restée aujourd'hui ce qu'elle était au xvi« siècle.

Flanc et sang (801 et f'^ prélim., VI). A la fin d'une phrase c et g étaient muets comme aujourd'hui. Estienne ajoute qu'on rimerait moins bien mord sur port ^ probablement parce que la dentale s'entendait quel* quefois dans le verbe, mais qu'elle restait muette dans le substantif.

L'écriture ne saurait d'ailleurs masquer la prononciation. Du Bellay a beau écrire estre reo pour estre vu ; il n*a pas le droit de le faire rimer sur chaste vœu ni sur feu (497) ; « veu recte esset pro rofo, non aliter '. » Ces observations sont répétées très explicitement dans les Hypomneses et dans les mêmes termes '.

H. Estienne blâme aussi Torthographe de doy [digitus)^ « pour doit », le mot rimant sur toy (385) ou sur pourquoy (389). Il réserve l'écriture doy pour le verbe je dois [debeo *).

Faute analogue : peu a peu^ rimant sur avoir beu (362) ; note marginale « beu et peu, mal rymés ; mais pu de pouvoir seroit bon contre beu^ bu. »

En revanche les rimes suivantes ne violent que l'écriture : affection^ perfection et passion (500) passion, obligation (504) ; pensée, enlacée, (289); monde, immunde (539) ; cizeau, pinceau (270).

Nous n'avons pas à excuser la minutie de ces remarques qui intéressent rhistoire de notre versification. De plus on a vu qu'elles confirmaient aussi ou qu'elles éclairaient sur plusieurs points la doctrine de notre grammairien. Si la timidité de son goût ne laissait pas à la langue poétique beaucoup plus de liberté qu'à la prose ^, du moins s'est-il arrêté au signe distinctif du vers, c'est-àdire à la rime.

Déjà, avant Henri Estienne, Tauteur du Quintil Horatian^ Barthélémy Aneau®, avait reproché à J. Du Bellay quelques-unes de

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