‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 483 sur 533 · LA LANGUE POÉTIQUE · texte numérisé non relu

LA LANGUE POÉTIQUE

ces licences orthographiques et prosodiques : « ores escris Fonteine pour rymer contre peine^ et ores Fontaine contre certaine , rient contre orient^ puis riant contre f riant.,, degoutens pour rymer contre m'attensK,. » Ce n*est pas d'ailleurs le seul passage où ces deux critiques de Du Bellay se soient rencontrés. B. Aneau avait aussi relevé dans la Défense « des métaphores affectées » et « bigarrées^ », et il prenait un malin plaisir à dresser une liste de mots étranges chez Técrivain qui recommandait formellement « d*user de mots piu^ment français » : vigiles pour veilles ; hiulque pour maljoinct^ buccinateur pour publieur^ molestie pour ennuy, etc. ^. Mais le Quintil horatian s'était surtout appliqué à réfuter les doctrines soutenues dans la Défense^. Nous avons dit que dans sa lecture Henri Estienne avait négligé le théoricien pour considérer uniquement le poète ^. 11 y aurait lieu de regretter cette lacune, si Estienne n'était pas intervenu à son tour dans le grand débat que le manifeste de 1549 avait ouvert, en écrivant la Précellence. Quant au Quintil Horatian^ s*appuyant sur VArt poétique de Thomas Sibilet, il continuait trop une querelle d'école, pour ne pas dire de boutique : s'il a mordu aux endroits faibles de la Défense^ ce n'est pas Tesprit ni Tà-propos qui lui ont manqué : c'est l'intelligence absolue de ce qui était en question : le caractère et l'avenir de la poésie française .

sives et complètes de la paternilë de B. Aneau. V. dans la Revue dHUL lilL de U France, 15 janvier 1898 « la date et Tauteur du Quintil Horatian ■». Cf. Lettrée de J, Du Betlày^ publiées d'après les orijçinaux par P. de Nolhac (Paris, Charavay, 1883), p. 86^»5.

1. QaintU HorëtUtn^ publié à U suite de la Dé fente et Illustrationy per Ë. Person, p. 189. D. Aneau reprend aussi récriture de Rome pour Romme^ • où la syllabe est lon^e» : même correction faite plusieurs fois sur le Volame de Lyon, par H. Estienne : • il escrit touijours Rome là mesme où il le ryme sur homme • (VoL de Lyon. ^ pré- Um. 5). Estienne a 'toujours imprimé Romme.

S. QaintU, Uiid,, p. 308.

3. QaintU, ibid., p. 209. Le parti-pris de blâmer tout est d'ailleurs manifeste chez B. Aneau : il reproche à Du Bellay Monger pour penser , dirige pour ëdreêêe, f^Ugae pour trtLtyaU, etc.

4. La 2* partie du Quintil porte sur Tcxamen de VOiive et des autres poésies publiées en 1&49. Gomme le fait remarquer M. Chamard,elle est moins étendue que la première.

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