‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 484 sur 533 · L. CtKME.\T. — Henri Estienne · texte numérisé non relu

L. CtKME.\T. — Henri Estienne

4S0 U. ESTIENNE GRAMMAIHIEM FRANÇAIS

Où faut-il prendre le bon français? et par quel principe régler Tusage?

Conclusion sur l'emploi de la langue.

Si tout ce qui est du cru de Paris ne saurait être acceptable, et si nous avons distingué un dialecte parisien auquel on ne doit faire que des emprunts discrets, c'est cependant à Paris que nous irons chercher « le pur François ». Capitale de la France, Paris est aussi la capitale du langage ^ Sur ce point la doctrine de Henri Estienne est absolue. Toute la question est maintenant de savoir où il prenait à Paris le bon usage.

Et d*abord, nous venons de le constater, ce n'est pas chez le peuple, ou, pour préciser, dans ce qu'il appelle le « menu peuple^ ». Ce n'est pas non plus à la cour^ dont une partie est composée d'Italiens ; l'autre moitié, qui est française, emploie des mots étrangers ou les déguise tant bien que mal. A peine un quart des courtisans a-t-il quelque jugement, et Estienne opère une soustraction amusante, pour réduire à néant le nombre de ceux auxquels il y aurait lieu d'accorder une certaine autorité en matière de langage^. Mais alors, était-ce au Palais, en la cour du Parlement et au barreau, chez les gens de robe et de loi, dans cette classe éclairée et soucieuse de garder ses traditions, que Henri Estienne pensait s'adresser? Sans doute on y parlait généralement un bon français, comme le reconnaissait Robert Estienne^. Mais là comme ailleurs il se rencontrait des gens qui parlaient mal, ou qui accueillaient trop facilement les nouveautés : ce Quant à la remoùstrance du desordre et abus qui est aujourdhuy en Tusage de la langue françoise, je scay bien que j'ay à faire à forte partie : car j'ay tousjours eu ceste opinion, que la Cour estoit la foi^e des mots nou-

1. Hyp.y préface, p. 2 et 3 ; v. ci-dessus, p. 387, 388. Nous rappelons que par la pureté du Ian(^a(^e H. Estienne n*entend pas seulement la prononciation^ mais le choix des termes et la correction grammaticale.

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