DiàL, II
4r)2 U. ESTIENNK UHAMMAIHIEN FRANÇAIS
a Je me doute que vous m'ayez dressé quelque partie * — laissez moi prendre terme d'avis quant à l'accommodation', — Tappointement sera aisé à faire*, — ceste promesse a esté tenue... respectivement [de part et d'autre], s'il est licite de parler chicaniquement^, — il faut achever de leur tenir les assises [de les juger'], — si ainsi est, la cour vous excuse de l'oubliance d'iceux*, — u qu'il soit receu, prononce Philalèthe, en ses défenses, ou pour parler plus chiquaniquement, en ses justifications^ ». — Notons que ce n'est pas ici de la parodie *.
La vérité, c'est qu'Estienne se plait à opposer le langage du Palais, dans ce qu*il a de foncièrement français, au galimatias de la Cour^. Mais il va beaucoup plus loin : c*est la langue populaire elle-même, dans ce qu'elle a de bon et de sain, et c'est même le parler de la plus basse classe, des crocheteurs, des harengères qu'il met audessus du jargon prétentieux des courtisans. C'est ici qu'Estiehne se sépare très nettement des théoriciens de la Pléiade, pleins de mépris pour la langue du vulgaire , quoique défenseurs de la langue vulgaire (ce qui est absolument différent !) et c'est en cela qu'il devance Malherbe et que pour soutenir sa doctrine qui, sur ce point, sera celle du « réformateur 10 », il emploie les termes mêmes qui se liront dans la IX^ satire de Régnier. « Si en quelque chose la raison se trouvoit estre du costé des crocheteurs, voire des bergers, quant au langage, et non pas du costé des courtisans, il faudroit qu'ils passassent condemnation, quelques grands qu'ils fussent ^^ »
Seulement ne soyons pas dupes des mots, et ne croyons pas qu'Estienne et Malherbe (quoi qu'en dise Régnier), aient voulu qu'on parlât absolument comme les crocheteurs : ils ont simplement signiGé par là que le peuple restait, en somme,' le grand maître de l'usage, et que la langue ne pouvait que gagner à se retremper à la source popidaire. « Or quant à moy, pour conclu-