V. notre appendice I
IIKNRI ESTIEXNE A GENEVE ô
tament dicté le o de ce même mois : « parce que sur sa viellesse accompaignee de maladies ne luy est demeuré pour tout avde et solagement que Henry Estiene son fils aisné lequel s'est marié en sa maison et par son conseil etaultement faisant tout debvoir d ung bon fils, le supportant en ses peines et labeurs, ayant la principale charge de Timprimerie qui est la correction et de pourvoir aux copies*... ».
Le 12 septembre de cette année, Théodore de Bèze annonçait la mort de Robert à Henri Bullinger-, et il ajoutait dans sa lettre : « Il a pour successeur Henri Estienne qu'il a désigné seul entre ses fils pour son héritier, et dont nous attendons beaucoup**. » Le 30 octobre, les dispositions testamentaires de Robert Estienne étaient confirmées, dans ce qu'elles avaient d'essentiel, après entente passée entre ses héritiers dans la propre maison de Calvin, rue des Chanoines : « joinct la volonté du père qui avoit faict tel testament pour le regard non seulement de continuer et conserver Testât de son imprimerie tout entière à sa famille et au profit d'icelle, mais aussy pour servir à Teglise et au public* ». Et cet acte contresigné par Calvin devenait, pour ainsi parler, un acte d'utilité publique autant que d'intérêt privé : Henri Estienne était ofliciellement reconnu pour le successeur de Robert.
En regard de ce témoignage solennel rendu par son père à Henri Estienne, placerons-nous l'accusation inattendue portée contre lui par son frère Charles? Celui-ci, dans un testament fait à Genève, le 9 mars 1363, reproche à Henri de l'avoir entraîné k renier leur foi et à trahir leur père en retournant subrepticement à Paris pour y faire acte de catholiques.
Bornons-nous si faire remarquer ici que le testament du frère contredit d'une façon trop flagrante celui du père pour l'accepter sans bénéfice d'inventaire^, et qu'il vient donner un démenti peu vraisemblable H ce que nous savions des idées et des sentiments de Henri Estienne.
Certes, il serait téméraire de prétendre « sonder les reins » et découvrir le fond d'une conscience. Mais, même en admettant sur ce point la véracité, plus que douteuse à nos yeux, de Charles