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u baillé mal à penser en demandant sauf-conduit ^ . . » Ils ne se hâtent pas de répondre au roi : « a esté arresté, sur le fait d'Henri Estienne, qu'on attende ce qu'il fera 2. » Le 21 mars, sur une lettre de Tambassadeur les pressant de rompre le silence, ils répondent enfin <« qu'on n'a depuis apperceu que ledict Estienne se soit voulu retirer, et qu'il ne Ta fait entendre à Messieurs, ayns s'est mis à négotier comme paravant; que s'il est en délibération de s'en aller, Messieurs ne Tempescheront '^ ».
Ainsi d'après le Conseil, Henri Estienne aurait changé d'avis! il resterait à Genève de son plein gré! Après ce qui s'est passé, voilà qui est fort et qui ne s'accordera pas non plus avec ce qui va suivre. Il n'est pas douteux qu'avant la réponse on n'ait essayé sur Estienne et les menaces et les promesses : s'il a été ébranlé par les unes, il n'aura pas été dupé par les autres. Mais admirez la réponse faite au roi : nous ne retenons pas votre protégé : libre à lui de partir. — (Oui, mais sans ses biens et sans son imprimerie! à cela près nous vous accordons ce que vous demandez.) Sur la clause du testament de Robert Estienne, pas un mot! cette réserve était vraiment très forte. Et le mois suivant le livre du français italianisé est déféré au conseil ; et l'un des deux rapporteurs, c'est Théodore de Bèze ! C'est seulement le 12 avril 1S80 qu'on s'aperçoit « qu'il a adjousté beaucoup de choses scandaleuses au lieu de les retrancher, comme luy avoit esté enjoint lorsqu'il obtint la permission de l'imprimer, comme aussy il y a plusieurs profanations de la Sainte Escriture *... » Estienne comparait : on lui rappelle ses anciennes condamnations : son Apolofjie et ses Êpigrammes, Il se défend de son mieux : et d'abord il fait remarquer que « ce qu'on reprend en son livre du langaige françois n'est dit par luy comme en l'approuvant, mais par forme de dialogue; au reste, ne luy a esté commandé de retrancher que trois passaiges, ce qu'il a fait, et M. de Bèze, qui l'a veu tout du long, n'y a rien voulu changer. » Pour la troisième fois il met donc Th. de Bèze en contradiction avec ce qu'il avait dit ou pensé.
Dans cette première audience, on se borne à lui faire « bonnes remonstrances ^ >>. Mais le 18 avril, Bèze, chez qui décidément le censeur a fait taire l'ami, « a fait entendre qu'il seroit expédient de chastier ledict Estienne pour l'impression du livre du langaige fran-
t. Réponse du syndic à de Sancy, Rist., Diat., I, p. xxii.