épilogue; le conseiller des princes
année, la tentative de William Parr sur la reine Elisabeth. Parr déclara qu*il avait été poussé au crime par les jésuites. Et c*est enfin l*assassinat de Henri III par « un méchant moine », suivant le mot du roi quand il tomba. Estienne ne manque pas le rapprochement entre les jésuites et les moines.
Mais à travers la satire il y a de Thistoire. En retraçant le drame dont le dénouement est encore attendu, Estienne démôle les causes. Il nous montre la Lig'ue agitant le spectre de la religion pour mieux servir l'ambition des Guises * ; il cite le texte du fameux manifeste. Les prêcheurs n'accusaient-ils pas faussement Henri III de favoriser les c( Huguenots »? Contre le roi de Navarre ils répandaient d'autres calomnies. Mais que reproche-t-on à ce prince? D'être un hérétique, parce qu'il fait profession de la religion « catholique, apostolique » mais non « romaine ^ ». Quoi qu'il en soit, Estienne célèbre les victoires déjà remportées par le roi sur les forces coalisées des ligueurs et des Espagnols'; il a écrit à cette occasion, à Francfort, malgré le bruit et l'agitation de la foire, deux pièces de vers latins qu'il traduit en vers français, et la seconde aussi en vers grecs 3. Les vers français sont assez pénibles, du moins au début :
Ce pendant que la France est divisée en deux,
Et qu'un parti est sage, et Tautre est furieux :
L'un, vray François, au Roy monstre son franc courage.
L'autre son Roy guerroyé, et luy fait grand outrage.
...Ainsi, luy des Bourbons renouvelant la gloire.
Tant plus est combattu *, mieux obtient la victoire ^.
Dans l'autre pièce qui est mieux venue, Estienne félicite le roi de la modération dont il a fait preuve après la victoire :
C'est grand honneur aux Rois, vaincre leurs ennemis : Mais en plus haut degré d'honneur le Roy est mis Qui scait vaincre soymesme *.
Dans les pages liminaires de ce livre de lî)90, se trouve un fragment important d*un poème français qu'Estienne avait offert