‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 76 sur 533 · V. notre appendice I · texte numérisé non relu

V. notre appendice I

t. Les RegUirtM des përticuUers, aux archives de Genève, sonl remplis des dëmè* lés de Henri Estienne avec d'autres imprimeurs ou habitants de la ville. Il avait certaineinent Thumeur processive.

3. V. la lettre de 5erarias (Nicolas Serurier) à J. Lipsc, 1594, dans Sy liages episU 1. 1, p. 609; citée par Feugère, Essiti, p. 252. Mais Feugère, en accusant II. Estienne de scepticisme, n*a pas tenu compte des nuances!

76 HISTOIRE DE l'œL'VRE EBANÇAISE

manere Parisiis ^ », ce qui se rapporte aux efforts que fît Henri pour transporter son imprimerie à Paris, après la mort de son père. Il est possible que sa brouille avec Tautorité genevoise ait laissé croire à quelques-uns qu*il était prêt à acheter son retour en France au prix d*une apostasie. Mais rien dans ses paroles et dans ses actes ne justifia ce soupçon ^. S'il est vrai que « le testament de son père Tavait arrêté à Genève plus que la religion ^ », il ne pensait pas trahir les idées pour lesquelles son père et lui avaient combattu, en revenant à Paris; il avait même essayé de servir auprès de Henri HI les intérêts de seis coreligionnaires.

Si à Genève il était resté — comme beaucoup de réfugiés — Français de cœur, pluîà que d'autres il avait conservé Thumeur française et Tesprit parisien. Ce mot de parisien, appliqué à un homme du xvi^ siècle, a tout Tair d'un anachronisme, parce que nous y mettons une dose de qualités et de défauts, d'essence trop moderne. Mais cependant, avant que le boulevard ne fût inventé, il y avait eu à Paris un certain nombre de Parisiens, depuis Villon jusqu'à Molière. Pour parler sérieusement, quand Henri Estienne se réclamait sur les livres qu'il imprimait ou dans ses propres ouvrages, de ce titre de Parisien, il rendait hommage à la grande cité où il avait passe sa jeunesse , et où il espéra achever sa vie ; il voulait dire aussi qu'ayant été élevé « au cœur même de la France », il y avait appris à parler le bon et pur français, et qu'il en conservait la tradition*; mais aussi, et peut-être s'en rendait-il moins compte, du Parisien ou, si vous préférez, de Tenfant de Paris, il avait retenu ce goût des locutions populaires, du langage vif et pittoresque, ce parler franc et quelque peu salé qui a été la marque commune de toute une famille d'écrivains dont quelques-uns d'ailleurs n'étaient pas nés à Paris : nommons encore François Rabelais et Mathurin Régnier.

1. V. Mailtaire, p. 499. On sait au reste combien est suspect ce recueil d*anecdoles où tout est loind'élre deJ. Scalij^r; c'est un ramassis de jugements contradictoires. Il y esl déclare que « c'est ijçnorance grande de médire de Henry Estienne, qui a tant servi aux lettres », et cinq lignes plus loin, le môme Estienne est représenté comme un fou, fou depuis sa naissance. Son vrai sentiment sur Estienne, J. Scaliger Ta exprimé dans la lettre que nous ventms de citer.

2. Uappjlcms le passage de V Apologie pour Hérodote où lï. Estienne flétrit ceux qui « avaient d'aboi*d fait profession de TÉvangile » et qui « pour s'accommoder aux humeucs diverses de la cour » étaient retournés à la religion romaine. {ApoL,, II, 110.)

Page 1