‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 8 sur 533 · HENRI ESTIENNE A GENÈVE · texte numérisé non relu

HENRI ESTIENNE A GENÈVE

publiées en français la même année. La préface est à elle seule un chef-d'œuvre K

u Premièrement, qu'avoye je faict, quelle estoit mon iniquité, quelle offence avoy je faicte, pour me persécuter jusques au feu, quand les grandes flammes furent par eux allumées, tellement que lout estoit embrasé en nostre ville Tan 1532 : sinon pour ce que j'avoye osé imprimer la Bible en grand volume, en laquelle toutes gens de bien et de lettres cognoissent ma fidélité et diligence '^ ? » Et déjà, à l'occasion du Nouveau Testament imprimé par Simon de Cx>lines, en 1S22 u d'autant que j'avoye la charge de l'Imprimerie, quelles tragédies esmeurent-ils contre moy 3? »

« Ils ne scavoyent que c'estoit du Nouveau Testament, ne scachans point qu'on avoit accoustumé de l'imprimer après le vieil *. » I^ Bible de 1545 acheva de les exaspérer ^. L'acharnement de la meute sorbonique contre lui, Robert Estienne le raconte avec une âpre ironie ; et sa prose colorée nous montre les côtés comiques de cette sombre histoire « quand ce fin renard de Guiancourt )> suborna l'évoque d'Avranches pour qu'il l'admonestât « par douces paroUes de rentrer en grâce avec les théologiens,... voir comme les brebis rentrent en grâce avec les loups ®. »

Or si nous avons insisté sur la valeur de ce texte, c'est que même au seul point de vue littéraire, il présente des analogies de s^le assez remarquables avec VApoloyie pour Hérodote. Nous ne voulons pas méconnaître les difTérences, et nous savons Tabusque Henri Estienne a fait de la satire. U y avait chez Robert une tenue morale et une simplicité d'âme qui ne sont pas chez Henri; mais on

1. RÊthert Estienne aux lecteurs qui cerchent en vérité le Sauveur Jesus-Christ. OUc préface est donnée intéi^ralement par Renouard, p. 544.

3. Renouard, ibid., p. 547. La 1*^ édition de la Bible latine donnée par R. Est. est de 1528, in«r*; la 3* de 1533, in-f". U faut noter la pinidcnte réserve de l'éditeur qui, en regard de ses corrections et de ses variantes, reproduisait intégralement le texte de U Vulgale, sauf pour les psaumes dont l'ancienne traduction était celle même que suivait alors l'église de Paris.

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