‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 9 sur 533 · Renouard, ibid.^ p · texte numérisé non relu

Renouard, ibid.^ p

4. ibid.j 5&8. Ce qui redoubla leurs colères, ce fut que R. Estienne imprima « les Gommandemens et la Somme de TEscripturc, chacun en une feuille de belle et grosse lettre, pour les attacher contre les paniis » [Ibid.^p. 5(9}. Un de ces placards, représentant la c Somme » est à la Bibliothèque de la Société du pix)tostantisme français. Cf. Weiss, article cité dans notre bibliographie.

5. 3 vol. in-8. R. Est. y avait introduit des notes prises au cours de Vatable, et ajouta « la nouvelle translation-, vis-à-vis de Tanciennc. » Cette bible fut réimpriroéeen Espagne, par les Jésuites (158 i).

6. Aussi, sachant que leur haine était irréconciliable, et « qu'ils bayoyent de grand appétit après son sang, il dit à Dieu au Roy et au paYs, et se retira en lieu plus Mur •. ~ /i>id.^566 et passim.

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rencontre chez l'un et chez lautre des morceaux de même ton et de la même vigueur, avec l'expression d'idées toutes semblables.

Et d abord Henri Estienne est revenu dans V Apologie sur l'histoire de cette persécution. Quoique François V^ ait fini par céder à la pression de la Sorbonne, il le loue cependant d'avoir fondé le Collège de France, et d y avoir établi des professeurs* de grec et d'hébreu. Ces deux langues étaient redoutées comme sources d'hérésie. La langue latine elle-même passait pour « luthéranifique ». Et certes u il y avoit danger, ajoute Estienne en reprenant un mot de Marot, que ce grec, cet hébreu, ce latin, ne descouvrissent le pot aux roses ». Mais Budé triompha des efforts de Béda et réussit à décider le roi ^ C'était d'abord une victoire pour l'humanisme ; elle fut de courte durée. Quelques années plus tard, « certain imprimeur fut en grand danger » pour avoir osé rétablir le texte de la Bible -. Quant aux traductions françaises de l'Iîcriture, elles furent impitoya]:>lement proscrites. « Il n'y a pas trent'ans qu'il se faloit autant cacher pour lire en une bible traduite en langue vulgaire, comme on se cache pour faire de la fausse monnoye... ^ » par conséquent vers 1536.

Henri Estienne s'est aussi souvenu du passage où Robert avait parlé de la chambre ardente « de cette fosse où ils voulaient le faire tomber » et de la « cruauté et bourrellerie » du président Lyset * ; et à son tour il s'acharne contre l'évéque Pierre du Chastel auquel il reproche à tort « d'avoir retourné sa robbe » c'est-à-dire

t. Apol,, I, 9; Cf. Il, 119.

2. Apol.^ll, 142>S3. « Sans doute, Robert Estienne, dit le DucJiat » ; nous disons: sans nul doute! Li's corrections signalées par H. Estienne dans ce passa^çe sont en efTet dans la Hiblc latine de 15i.). Par exemple everril domum\eUe halie la mniaon) dans Saint-Luc, au lieu de everlit domum ^elle nhat la maison). M. Estienne rappelle aussi le mot de saint Paul : hsereticum r/eri<a, que Ton expliquait par oste Ut rie à un hérétique, aloi*s que cela veut dire simplement: évite un hérétique. Il est revenu sur ces observations dans le De Intinitnte faUo suspecta^ p. 153 et dans les yocles Parisinœ, p. 20 i.

3. Apol.^ II, 151. Cf. Samuel Bcriçer: la Bible française au XVI' siècle. Cf. Hrunot, Ilist. delà Lingue et de la litt. /r., 22* fascicule, p. 652 et suiv. — Ce fut seulement en 1553 et à Genève que Robert Estienne donna la Bible en français : dans sa pi*éface au lecteur, il dit que la traduction française du Nouveau Testament a été revue par les ministres Calvin et Bèze, mais non celle de l'Ancien que lui Robert a retouchée, (^ci rectiiie l'assertion de Renouard attribuant au .seul Calvin cette revision. On sait que cette traduction française n'était autre que celle d'Olivétan ; elle subit, dans les éditions successives qu'en donnèrent les ministres de Genève, de nombreux remaniements. Une de ces éditions parut chez Henri Estienne en 1505.

4. Préface des censures, ihid., p. 558. Cf. Apol., II, 426. Th. de Ucte avait déjà vengé Rob. Estienne en écrivant en latin macanmique son Kpistola magistri Benedicti Passavanti ad Petrum Lysetum (1553;.

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d'avoir apostasie, en abandonnant les réformés ^ Il est vrai que ce ^rand aumônier de France avait dabord défendu Robert Estienne devant François P' et plus tard auprès de Henri II, et qu'à la fin il lui retira sa protection. <( C'estoit, dit Robert, en espérance de gaigner un chapeau de cardinal '^. » Mais Henri Estienne oubliait que Du Chastel n'avait jamais cessé d'être catholique !

Dès leur arrivée à Genève, Henri aida son père dans ses publications bibliques et religieuses. En 1551, ils imprimèrent en grec le caihéchisme de Calvin: cette version grecque avait été faite par Henri sur le texte français. Plus tard, en 1563, il en donnera une autre, également en grec et plus fidèle, comme il le dit lui-même, d'après la traduction latine ^. Dès i 551 , il met donc son talent à propager ou plutôt à illustrer dans la langue qu'il considérait comme la plus parfaite la doctrine du réformateur ^. A cette époque il écrivait à Gessner : <c J'habite avec Calvin, un homme pour lequel tout éloge est petit ; je Taipris pour mon guide, et je m'estime heureux d'avoir trouvé un tel maître ^. » Témoignage d'autant plus significatif qu'il Texprime dans une confidence intime dont la sincérité n'est pas douteuse.

L'autorité qu'on lui reconnaissait dans le domaine des études grecques, le désignait tout spécialement pour la publication du Nouveau Testament qui devint son étude de prédilection ; il s'y attacha en helléniste et en chrétien ^.

Il est inutile que nous énumérions les éditions bibliques ou les

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